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I. Descartes, Disc, de la met h., vi^ partie

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camarades, ses lectures, ses conversations, ne lui laissaient pas tout voir, choisissaient en un mot son expérience par un triage vigilant. C'est sur une expérience restreinte, mutilée, déformée que sa raison s*est exercée. C'est notre histoire à tous. Tous nous avons subi des influences d'autant plus efficaces qu'elles étaient mieux intentionnées. Nous avons subi la double suggestion de la nature et de la société.

Les maladies de la volonté sont étudiées par la psychologie morbide et par la médecine mentale. L'incapacité de vouloir se traduit tantôt par la difficulté d'accomplir un acte que l'on souhaite (abouUes^^, tantôt par la difficulté d'enrayer la réalisation d'un désir qu'on désapprouve (impulsions). Les principales formes d'aboulie et d'impulsion ont été décrites et analysées en France par M. Ribot*.

Le malade atteint d'aboulie ne peut plus, ne sait plus ou ne veut plus vouloir. L'afTaiblissement de la volonté est tel, qu'avec un corps robuste et des muscles solides, il est dans une incapacité absolue de se lever de son siège, de faire le geste le plus simple, même s'il s'agissait d'écarter un grand danger. Qu'il y ait bien là un trouble de la volonté, c'est ce qui est mis en évidence au moyen de la suggestion hypnotique. Livré alors à la volonté d'un autre, le malade accomplit sans difficulté un travail fatigant, que sa volonté personnelle serait bien incapable de soutenir. Le D' Pierre Janet a étudié une aboulique qui s'efTorce en vain de faire un acte ; après des tentatives désespérées, elle est obligée d'avouer son impuissance. Mais si au contraire pendant qu'elle cause avec une autre personne on lui suggère tout bas^ de faire cet acte, elle l'accomplit immédiatement. Une autre ne peut plus s'endormir volontairement : par une

, I. Littéralement : absence de volonté.

3. Ribot, Les maladies de la volonté; les maladies de la personnalité.

3. C'est un des procédés de suggestion employés sur les sujets qui n'ont pas la force de résister à la volonté d'un autre.

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suggestion donnée à propos on lui procure le sommeil le plus calme. Une autre est réduite à une faiblesse musculaire si extrême quand elle agit de propos délibéré, qu'elle ne pourrait môme pas ouvrir une porte, quand ce serait pour sauver sa vie ; or c'est une vigoureuse fille de la campagne ; et quand elle agit automatiquement, pendant le sommeil hypnotique, elle change des lits de place pour frotter énergiquement les parquets ; elle a « rossé des hommes robustes * » .

Le malade atteint d'impulsions ne peut pas s'empêcher d'accomplir un acte abhorré. Ces impulsions irrésistibles sont les unes inconscientes, subites, suivies d'exécution immédiate, sans que le sujet ait seulement le temps d'en prendre connaissance, sans qu'il soit informé de son action ni avant ni après ; les autres sont pleinement conscientes : le malade sent qu'il n'est plus maître de lui-même, qu'il est dominé par une force intérieure, invinciblement poussé à commettre des actes qu'il réprouve et dont il a horreur. Un jeune homme adore sa mère et est hanté de l'idée delà tuer ; pour s'empêcher d'exécuter son atroce désir, il est obligé de supplier qu'on l'attache dans la grange comme un loup*. Outre les impulsions homicides il faut citer les impulsions maladives à voler (kleptomanie), celles à boire (dipsomanie), etc. Le dipsomane ne ressemble en rien à l'ivrogne ou à l'alcoolique ordinaire ; il n'est poussé à boire ni par l'attrait du plaisir ni par l'habitude. Mais une impulsion irrésistible le pousse à boire, et devant elle, par accès, sa volonté faiblit et s'annihile complètement. Dans les intervalles, dit le D^ Legrain ^, le malade est d'une sobriété exemplaire, il professe même souvent la plus profonde aversion pour les liqueurs fortes. Lorsque l'accès dipsomaniaque survient, le malade entreprend une lutte désespérée dans laquelle il sait bien qu'il sera vaincu. On

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