‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 127 sur 150 · I. Cf. plus haut, chap. i · texte numérisé non relu

I. Cf. plus haut, chap. i

-386 l'éducation de la volonté

lâche devant le désir fait les caractères timorés qui désertent leur résolution par crainte, les cœurs faciles à la tentation y les consciences vénales.

Mais de toutes ces causes de faiblesse la plus dangereuse n'est pas Tintelligence réfléchie * . C*est le sentiment, et le sentiment sous forme de tendance, d'habitude, de spontanéité, de volonté naturelle. L'intelligence même n'est efficace que sous cette forme, celle d'habitudes intellectuelles.

Nous avons considéré les limitations de la volonté. Mais elle a aussi ses triomphes ; considérons à leur tour les limitations imposées par la volonté au sentiment, à l'habitude, au naturel.

Chacun de nous rencontre en lui une nature, c'est-à- <lire un ensemble d'appétits, d'instincts, d'habitudes qui l'incitent à telles actions. Mais l'homme pas plus en lui que hors de lui n'accepte la nature telle quelle. Il dispose d'une activité propre qui lui permet de réagir et même d'agir sur la nature. Certes, nous avons toujours à compter avec les impulsions irrationnelles qui traversent nos résolutions les mieux prises ; mais il est tout aussi vrai de dire i[ue le torrent de la nature passionnelle a toujours à compter, en l'homme, avec une activité capable de le maîtriser. En fait l'humanité s'est construit des digues qui dirigent, enrayent, ralentissent et précipitent le cours de la nature instinctive : ce sont les législations, les mœurs, l'opinion publique. 11 y a une discipline imposée par l'homme à la nature humaine^.

Comment la volonté domine-t-clle le naturel ? En utilisant la nature, en créant une seconde nature. En même temps que nos habitudes nous rendent esclaves, par un autre côté elles nous libèrent. Par elles notre passé pèse

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