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2. Sur les rapports de la spontanéité et de la réflexion, voir plus haut, chap. i et ii.

GENÈSE d'une HABITUDE 287

sur notre présent ; mais aussi grâce à elles tout notre passé se tient au service de notre présent. Nos habitudes, occupées chacune à leur tâche, nous dispensent de nous dépenser dans le détail infini de nos actes journaliers ; «lies nous permettent de vaquer ailleurs, et d'acquérir des habitudes nouvelles, de plus en plus complexes. Nous allons nous libérant ainsi d'une part croissante de nos fonctions, et à mesure que nous construisons des habitudes pour les accomplir, nous réservons en vue d'activités nouvelles les énergies de notre réflexion *. Beaucoup de maladies mentales ne sont que la perte de certaines habitudes. Le malade est condamné, par un oubli, à dépenser sa réflexion sur des détails qui ne préoccupent pas un homme normal, — sur les opérations nécessaires à la marche par exemple, — et il est ainsi rendu incapable d'activités plus hautes. Etre d'abord instinctif, l'homme retourne volontairement à la nature. Mais c'est une nature contrôlée, et à laquelle la volonté est toujours présente, si du moins elle ne s'abandonne pas. La vertu et le vice sont des habitudes delà volonté. Les principes de conduite sont des habitudes, mais contractées volontairement, et par là ils diflcrent des préjugés.

Assistons à la genèse d'une habitude volontaire. Soit une habitude corporelle : danser, jouer du piano par exemple. Il s'agit d'elTectuer avec précision et régularité un ensemble complexe de mouvements. Le débutant s'y embarrasse, ■en oublie quelques-uns, en exagère quelques autres, n'en exécute aucun en son temps, et en revanche accompagne le tout de mouvements désordonnés et inutiles. On remédie à cette maladresse par deux moyens : décomposition, répétition. La décomposition du mouvement total en une série de mouvements élémentaires ou de « temps » permet au sujet de reconnaître quels eflbrts sont nécessaires et -suffisants ; après un nombre variable d'essais, il sera dc-

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