‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 13 sur 150 · REEL : PRÉSENT. — IRRÉEL *. PASSÉ, FUTUR · texte numérisé non relu

REEL : PRÉSENT. — IRRÉEL *. PASSÉ, FUTUR

La nature nous offre un texte infini : nous n'y lisons que ce qui nous intéresse.

II en est de l'expérience interne comme de rexpérience externe : il s'en faut que tous les faits qui se passent dans la conscience émergent à la pleine lumière. Il y a des moments où notre vie coule d'un cours uniforme et monotone. Nous pouvons être distraits à l'égard des événements de notre conscience tout comme à l'égard des événements du monde extérieur. Un fait de conscience est subconscient si notre distraction à son égard est partielle, inconscient si elle est totale. Dans d'autres cas au contraire un plaisir, une passion subite forme au-dessus du courant comme une vague qui s'élève.

Même dans l'état d'attention spontanée l'esprit va donc à la rencontre des choses ; mais c'est l'esprit irréfléchi, qui s'ignore lui-même.

Il y a deux éléments à considérer dans l'attention : le fait qui émerge, la conscience d'où il émerge. Isolé des autres, le premier attire à lui toutes les énergies mentales, de sorte que la conscience tout entière lui est comme présente. Mais parfois le second élément est partiellement ou totalement éclipsé, de sorte que la conscience est réduite à l'état-de-conscience qui fait saillie. La masse des états psychologiques demeure alors subconsciente ou inconsciente.

ne perçoit que les rayons dont les vibrations sont comprises entre 497 billions et 728 billions à la seconde. En deçà et au delà de ces chiffres il n'y a plus d'excitation. Un courant alternatif sinusoïdal, si le potentiel est élevé et si la fréquence est de 100 à 200 par seconde, provoque des accidents graves et même mortels (électrocution). Si l'on augmente le potentiel et la fréquence, l'action est de plus en plus marquée, puis, à un moment, les effets sur l'organisme ne varient plus. A partir de 2 5oo à 5 000 excitations par seconde, les manifestations diminuent. Et quand la fréquence atteint plusieurs centaines de millions ou plusieurs billions, quel que soit le voltage les courants sont inoffensifs (expériences de M. d'Arsonval). Nous empruntons ces données à H. Roger. Introduction à l'étude de la médecine, Paris, G. Carre et G. Naud.éd., 1899, p. 93.

Ce phénomène se produit dans la stupeur, dans T extase. Le champ de la conscience est alors rétréci.

Tous les faits de conscience ont en quelque sorte leur double. Le souvenir visuel reproduit la sensation de vue. On se souvient d'avoir pensé, d'avoir voulu. Les états secondaires correspondant à des sensations non actuelles s'appellent des images. Les images sont en général plus faibles que les sensations. Elles sont de plus intérieures tandis que celles-ci sont situées dans l'espace. Quand ces images sont reconnues comme passées on les appelle des souvenirs. Quand elles annoncent une sensation future on les appelle des prévisions.

Les images peuvent se produire sans avoir été précédées immédiatement de sensations. Elles peuvent alors différer des sensations qui leur ont donné naissance : il peut même se former des images originales dont les éléments sensitifs sont malaisés à dégager : ainsi dans nos rêves. Elles peuvent aussi se combiner, s'associer de diverses manières, entre elles ou avec les sensations, former ainsi des combinaisons nouvelles, un monde nouveau à côté du monde réel. Cela s'appelle imaginer. Les imaginations ou fictions se distinguent des souvenirs et des prévisions en ceci qu'elles apparaissent comme sans attache avec les autres images intérieures. Je me rappelle avoir vu un ami tel jour en tel lieu. Toutes ces images forment un tout bien lié. Une fiction, au contraire, n'est pas située, localisée.

Les pensées, les volitions, les sentiments peuvent être reconnus comme passés ou futurs, peuvent être des souvenirs, et aussi des prévisions. Sur ce point ils sont dans les mêmes conditions que les sensations ou les images. Car la connaissance du passé, du présent, de l'avenir est en un sens immédiate: le présent, le passé, l'avenir sont des situations dans le temps aussi immédiatement saisies que celles de l'espace. Le souvenir d'une pensée se distingue d'une pensée présente par les alentours qu'elle évoque. Mais comment distinguer les pensées, les sentiments imaginaires des pensées, des

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