I. Expressions de M. Baldwin
2^4 l'éducation de la volonté
chat. Mais il se rend bientôt compte que seiil Tatiimal souffre. Il le frappe mais surpris de ses cris, le caresse, le console ; quand il s'est cogné, il se borne bientôt à pleurer ou. à se frotter le genou.
Quant au sens moral, il suppose une limitation volontairement imposée à l'expansion du moi. Comment Fenfant est-il amené à effacer sa personnalité en pleine conquête d'elle-même pour faire place à la personnalité d'autrui ?
L'obéissance qu'on lui impose a appris à l'enfant à résister à ses sentiments. Il voit d'autres personnes se faire violence et agir autrement qu'elles ne désirent. Son père, quand il le punit, a l'air attristé. Sa mère lui refuse un biscuit avec le désir évident de le lui donner. Il y a des gens qui font des choses agréables d'un air triste et qui s'astreignent à être souriants en faisant des choses désagréables '. En même temps qu'il prend conscience de son pouvoir et qu'il constate le pouvoir des autres personnes, l'enfant remarque que ni pour lui ni pour les autres ce pouvoir n'est affranchi de limites ; et les barrières matérielles qu'opposent les choses à la volonté ou les volontés les unes aux autres ne sont pas les seules barrières, puisque, alors que l'on pourrait agir autrement, on s'impose souvent des actions pénibles. L'enfant acquiert ainsi la notion confuse « de quelque chose qui dépasse les simples attitudes de l'agent^ » la notion d'une « atmosphère commune^ », d'une masse de traditions généralement reçues et qui s'imposent aux grandes personnes comme à lui. C'est la notion confuse d'une loi, la loi de la famille, la loi humaine, la loi morale.
Gomment cette conception encore obscure s'accompagnet-elle du sentiment de l'obligation ?
Le père défend à l'enfant de manger une pomme. Tant