‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 137 sur 150 · MoniegdiZzeL, Psychologie du plaisir · texte numérisé non relu

MoniegdiZzeL, Psychologie du plaisir

agS l'éducation de la volonté

pas de boaheur sans réflexion. Mais il faut que la réflexion surveille la nature et l'achève sans la troubler. Le jeune homme qui veut régler sa vie se caractérise souvent par un eflbrt pénible pour faire cadrer son intelligence et sa volonté avec sa nature : la volonté se tend trop violemment, dépasse le but. Il veut s'imposer une trop haute perfection, il ne veut agir qu'en vertu de théories préconçues. Il est des caractères pour qui l'abandon n'est plus jamais possible, la volonté est trop raidie. Le philosophe Bacon a dit : Il faut obéir à la nature pour la vaincre. La réflexion doit pour agir attendre son moment et trouver son biais. Une intervention indiscrète de la volonté étoufie l'élément naturel qu'elle devrait seulement parfaire.

Certains individus ont des décisions subites. Il y a des crises de la volonté comme il y a des crises du sentiment. On voit des hommes de plaisir se transformer soudain, comme lit Alcibiade, se donner une âme nouvelle, puis revenir à leurs passions. Ils procèdent par à-coup ; leur volonté est spasmodique.

D'autres enfin ont leur volonté toujours prête. En toute circonstance, elle persiste à l'état latent, comme un sentiment plus ou moins vif d'un état de tension. Quand la raison s'est ainsi rendue maîtresse d'elle-même, les sentiments ne sont plus parfaitement spontanés, une sourdine est toujours mise à la passion. Tout sentiment qui se produit comparaît comme devant un juge. L'élan impulsif du désir est arrêté. Le sentiment, au lieu de heurter violemment l'âme, tombe sur un lit préparé. C'est un moyen pour atténuer la violence des sentiments que de se donner des habitudes de défiance préalable. Cette espèce d'arrêt, dé cran de sûreté mis à la spontanéité n'a rien de douloureux J)arce que c'est comme une habitude et que tous les sentiments prennent alors naturellement l'allure générale de notr-e vie. La volonté est alors aciopiée.

Sans doute l'homme adulte peut parfois regretter cet état de la toute jeunesse où l'âme est possédée d'un seniti-

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