LA SPIRITUALITÉ
idéal : monde de la science, monde de la morale. Il faut que cet univers soit par ma pensée qui le conçoit, par mon cœur qui l'aime, par ma volonté qui les soutient tous deux dans les intervalles d*ennui et de lassitude où la nature m'abandonne. Voilà ce que je ne puis pas nier. Et cette croyance me communique dans la réalisation de mon œuvre, dans l'efficacité de ma volonté une foi invincible. S'il faut que l'idéal soit par moi, je suis donc bien quelque chose, moi qui pense, moi qui aime, moi qui veux cet idéal. Ma liberté n'est donc pas illusoire pas plus que ma pensée, ou la joie qu'elle rayonne. Je ne sais si tel acte que j'attribue à ma volonté en est bien l'effet. Je suis obligé pour distinguer les actes imputables aux volontés humaines, pour déterminer les divers degrés de responsabilité de m'en fier à des signes confus et complexes. Mais si je ne sais pas exactement quand et à quel degré je suis libre je sais que je dois faire comme si je l'étais. Si je le dois, je le pui^ *•
Je vois par là même en quoi consiste ma spiritualité.
Sur les rapports des faits psychologiques avec les faits organiques il y a deux théories, la théorie matérialiste, la théorie sp iritualis te .
Le matérialiste considère le fait conscient comme une lumière qui éclaire la machine organique. La vraie cause de l'action d'une machine à vapeur, c'est le foyer, non sa lueur. La conscience est la lueur du foyer organique.
Les matérialistes pour établir leur thèse montrent que les faits de conscience dépendent des faits organiques. Les faits de conscience ont en effet pour condition immédiate certains phénomènes cérébraux. On sait par des observations pathologiques faites après autopsie, par des expériences et des vivisections faites sur des animaux, par l'étude de l'embryologie, c'est-à-dire des êtres vivants quand ils ne sont pas encore arrivés à leur plein développement, les condi-