‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 32 sur 150 · REMÈDES A LA PASSION · texte numérisé non relu

REMÈDES A LA PASSION

de donner des habitudes fortes qui empêchent la passion de naître. Et l'éducation véritable, c'est l'éducation de soi-même, le perfectionnement moral consenti et voulu. Il y a comme une habitude de la décision, un état volontaire qui est un préservatif à la passion. Dans une conscience saine certains sentiments ne pourront germer ou du moins passeront comme ces maladies accidentelles, auxquelles l'homme le mieux portant ne se soustrait pas. La véritable hygiène des passions est de se former dans le calme un caractère qui pourra les combattre : un homme est vertueux lorsque tout sentiment qui se présente est contrôlé et jugé par lui du point de vue de principes antérieurs. De même il ne faut pas attendre pour sauver ou guérir un peuple les moments de maladie ou de crise : mais on doit lui donner pendant la paix des habitudes fortes pour les jours d'épreuve.

Le plaisir et la douleur. — Types émotifs. — Dangers d'une trop vive sensibilité. — Le bonheur ; dans quelle racsurc il dépend de nous. — L'indifférence.

Le plaisir modéré anime V activité ; le plaisir trop vif ou trop répété Vénerve ou Vamollit. La douleur modérée réveille et aiguillonne l'activité ; la douleur trop vive la paralyse. Tout plaisir ne doit donc pas être recherché ni toute douleur évitée.

Les personnes à sensibilité vive revivent leurs émotions passées et évoquent des émotions imaginaires ; elles ont, au lieu d* idées abstraites, des sentiments. Le sentiment est respectable quand il est Vincarnation d'une grande idée. Presque toujours dans une création — découverte scientifique, invention artistique ou initiative pratique — cest le sentiment qui va devant et ridée vient à sa suite. Les émotifs ont une vie intérieure riche et peuvent être des créateurs par le cœur ou par la volonté. Mais ce nest pas, chez eux, la raison qui gouverne ; leurs opinions, leurs raisonnements sont au service de leurs sentiments. Il en résulte que leurs démarches peuvent être mal adaptées à leurs devoirs ou aux circonstances.

L'art d'être heureux, c'est l'art de bien prendre la vie. Il y a des gens qui seront toujours malheureux, parce quils ne savent ni adapter leurs exigences aux choses, ni adapter les choses à leurs besoins. Quand les choses ne dépendent pas de nous, nos désirs souvent en dépendent : il est des renonciations habiles. D'autres renonciations nous coûteraient trop et nous mutileraient : quand nos désirs ne dépendent pas de

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