‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 48 sur 150 · Ibid.f L · texte numérisé non relu

Ibid.f L

Il6 LES SENTIMENTS PERSONNELS

notre plaisir, de notre considération ;.. . il y a une autre hypocrisie... c'est l'affliction de certaines personnes qui aspirent à la gloire d'une belle et immortelle douleur... ^ »

Il est des sentiments d'une nature spéciale, qui arrêtent et refoulent l'instinct : peut-être est-ce ici que nous trouverons quelque vertu pure de tout mélange d'égoïsme hypocrite? Le sentiment de la justice n'est-il pas une conquête de la raison sur l'intérêt? « l'amour de la justice, répond La Rochefoucauld, n'est, en la plupart des hommes, que la crainte de souffrir l'injustice ^. On blâme l'injustice, non par l'aversion que l'on a pour elle, mais pour le préjudice qu'on en reçoit'^. La modération est comme la sobriété : on voudrait bien manger davantage, mais on craint de se faire mal *. » Mais la modestie ? — « le refus de la louange est un désir d'être loué deux fois ^. » Mais le désintéressement scientifique, la curiosité, le goût du travail intellectuel? — « il y a diverses sortes de curiosités : l'une d'intérêt, qui nous porte à désirer d'apprendre ce qui nous est utile, et l'autre d'orgueil, qui vient du désir de savoir ce que les autres ignorent *. »

Mais La Rochefoucauld ne dit pas que notre fausse vertu soit toujours de l'hypocrisie ; souvent nous en sommes nousmêmes les premières dupes. Être sincère avec soi-même» cela ii'est pas facile. « Il s'en faut bien que nous connaissions tout ce que nos passions nous font faire''. Il semble que la nature ait caché dans le fond de notre esprit des talents et une habileté que nous ne connaissons pas *. L'homme croit souvent se conduire lorsqu'il est conduit, et

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