‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 69 sur 150 · III, IV, 4- II, VII, I · texte numérisé non relu

III, IV, 4- II, VII, I

LE SENTIMENT RELIGIEUX l65

souhaiter de n*a\oir, s*il se pouvait, aucun commerce avec les hommes* ». « Apprenez à quitter, pour Tamour de Dieu, Tami le plus cher et le plus intime^ ». Et ailleurs : « Tout ce qui n*est pas Dieu n'est rien, et ne doit être compté pour rien ^ » .

Non, les créatures ont une raison d'être, sinon pourquoi existeraient-elles ? Elles ont donc droit à nos égards. Le véritable amour de Dieu n'est pas la haine des hommes, c'est l'amour des hommes. Être honnête, aimant, serviable, bon fils, bon époux, bon frère, bon citoyen, voilà le commencement de l'amour de Dieu et, pour la plupart des hommes, tout l'amour de Dieu. Notre passion doit s'adresser non pas à l'idéal abstrait, mais à l'idéal au sein du réel. L'amour de Dieu n'est pas une passion spéciale, c'est l'ensemble des passions généreuses qui attachent l'homme à l'homme. « Aimez- vous les uns les autres », voilà la parole qu'il faut opposer aux exagérations du mysticisme. Sous prétexte d'élever l'homme au-dessus de la nature humaine, le mysticisme commence par arracher de lui les sentiments humains.

Ce n'est pas tout. Le mysticisme risque de conduire à l'abdication de la raison; il l'étouffé ; il l'appelle « une certaine curiosité présomptueuse*. » C'est là une nouvelle exagération. Certes la foi est respectable, mais elle ne l'est pas sans condition. Elle doit se considérer non comme un substitut, mais comme un achèvement de la raison. Le croyant ne doit pas se sentir dépaysé dans son temps, inquiet du mouvement qui se fait autour de lui, des progrès de l'humanité. Il doit penser au contraire que toutes les vérités, toutes les beautés, tous les biens nouveaux que l'humanité découvre aboutissent à sa foi, comme à leur

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