‹ Psychologie appliquée à la morale et à l'éducationChapitre 85 sur 150 · LE RÉALISME ET LE NATURALISME I · texte numérisé non relu

LE RÉALISME ET LE NATURALISME I

L*aiitomne souriait; les coteaux vers la plaine Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine, Le ciel était doré;

Et les oiseaux, tournés vers celui que tout nomme, Disant peut-être à Dieu quelque chose de Thomme, Chantaient leur chant sacré I

Il chercha le jardin, la maison isolée, La grille d*où l'œil plonge en une oblique allée. Les vergers en talus.

Pâle, il marchait. — Au bruit de son pas grave et sombre Il voyait à chaque arbre, hélas I se dresser l'ombre Des jours qui ne sont plusl...

Hugo s*intéresse à la nature pour elle-même, et quand il exprime un sentiment, la nature Tabsorbe au point que parfois il s'oublie à la contempler. Musset commence par sentir, puis il répand son âme dans les choses, il n'évoque la nature qu'après coup, il l'appelle comme témoin. Comparez aux Confessions de Lamartine celles de Goethe. Goethe dit qu'il va de la forme des choses à l'émotion et à l'idée ; il appelle le sentiment « une abstraction^ ». Au contraire Lamartine est un expressif : « Les choses extérieures à peine aperçues, dit-il, laissaient une vive et profonde impression en moi ».

Il y a, de même, des romanciers plastiques et des romanciers expressifs. Flaubert est un romancier plastique. Il peint ses personnages tels quels, avec une sorte d'indifférence impassible. Flaubert a voulu « faire gris » dans tel roman, « faire rouge », dans tel autre, sans se soucier d'autre chose. Pour atteindre à ce degré d'objectivité, l'artiste doit d'après lui être pur de toute passion et vivre comme un cénobite ou un moine. George Sand est au contraire un romancier expressif; elle laisse percer sa sympathie pour tel

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