I. Platon, Phèdre, LX
302 l'expression
homme d*esprit » *. Henriette d'Angleterre disait d'un marquis bavard : « 11 n'y a pas jusqu'au son de sa voix qui ne soit une sottise. » Il y a des gestes spirituels, des gens qui ont de l'esprit jusquau bout des ongles.
Le don du geste, de l'attitude suppose non seulement de l'adresse mais une psychologie inconsciente, la connaissance des moyens de suggérer des sentiments à autrui. La femme coquette a l'art des attitudes gracieuses et trompeuses.
Il y a une éducation du geste, de la physionomie. Gela s'apprend dans le monde et quelquefois trop bien. C'est une question de savoir — une question qui se pose aussi à propos des mots et du style — s'il faut séparer l'éducation de l'expression et celle des mouvements. Pour savoir exprimer ses sentiments, encore faut-il avoir un corps mobile et ceci demande peut-être une éducation spéciale : c'est la querelle des gens du monde et des maîtres à danser, des écrivains et des professeurs de rhétorique.
Ceux qui ont la parole prompte, le cœur sur les lèvres sont suspects parfois et à juste titre d' insincérité. C'est que l'on domine plus aisément sa parole que ses gestes, ses mouvements. La main qui tremble, la joue qui pâlit démentent la voix qui reste calme. Mais l'intempérance du langage est signe aussi d'abandon, de confiance, de bonté, ou de faiblesse.
L'homme a perfectionné les moyens naturels de suggestion. Il a développé le geste jusqu'à l'écriture, l'art de la voix jusqu'à la parole. Il existe dans les sociétés humaines des systèmes de paroles et de notations de la parole consacrés par l'usage. L'enfant, tombé au milieu d'hommes qui entretiennent des relations sociales complexes, n'a qu'à s'assimiler ces méthodes toutes préparées, pour accroître rapidement son savoir et pour s'introduire en peu de temps dans la tradition sociale.
C'est par l'imitation que l'enfant apprend à parler. Il