M. K R EM [ET
jouant avec des oursons, cet esprit se montre librement en toute sa finesse, sa justesse et son aisance.
Parmi les intellectuels, les uns poursuivent le rêve ou l’idée imaginée, les autres l’idée réalisée. Ceux qui s’éprennent du rêve prêtent aux choses la forme de leur choix ; ils regardent le ciel où devant leurs yeux passent des féeries, et ils se confient à la nature qui les inspire; inductifs, intuitifs, ils répètent non ce qui est ou a été, mais ce qui en eux-mêmes leur apparaît, et ils créent des êtres fantaisistes ou symboliques, donnant la représentation de ce qu’ils imaginent. Les autres donnent la représentation de ce qu’ils voient, de l’idée déjà réalisée : ils déduisent. Comme ils écrivent, non le poème, mais fliistoire de la vie, ils sont arrêtés par le fait, recherchent le document ; et quand ils ne peuvent connaître exactement l’entité qu’ils interrogent, du moins la veulent-ils telle qu’elle a dû exister, non telle qu elle l’aurait pu : jamais ils n’inventent ; ce qui appelle leur intelligence, c’est la chose vécue, la réalité personnelle des hommes dans leur forme extérieure, avec la vérité du costume, des accessoires, du milieu, et dans l’état saisissable de leur âme. M. Frémiet s’attache à l’idée réalisée et sa préoccupation des choses réelles est incessante : animalier, il est attiré par l’animal tel qu’il le voit dans les manifestations déter-*