LE GESTE FÉMININ
Par cette observation incessante de la femme où il se complaît, M. Helleu a connu la multiplicité incroyable de ses mouvements aux aspects indéfiniment variés, et, intéressé à ces modèles de vie qui fuient devant lui en leurs élégances naturelles ou volontaires, en leur agitation bigarrée, il a cherché, parmi eux, tous les éléments de l’expression féminine et trouvé dans sa précision le geste de cette femme moderne — si souvent aperçue de sa fenêtre de travailleur qui domine l’entrée du Bois et d’où il voit aux jours printaniers s’écouler la foule des passantes coquettes.
Il y a un geste moderne qui nous est particulier. Késultat du mouvement avec lequel il arrive à se confondre, Je geste expose, en modifiant chaque fois la forme de notre corps, chacun de nos états d’activité ou de repos : le sommeil lui-même a le sien. Chez la femme, c’est le joli va-et-vient de sa personne mobile et insaisissable, c’est le port de sa tête et de ses mains, la llexion de ses épaules, la courbure de sa taille, le
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balancement de ses hanches, le laisser-aller de ses jambes ou de ses bras, la pose de ses pieds : c’est toute sa démarche et tout son abandon. Cette manière d’être visible est une manifestation constante de son état d’âme ou plutôt de tous ses états d’âme successifs, du plus insignifiant au plus profond ; et comme la vie intérieure, faite de 1a. compréhension que nous avons des choses et du sentiment qu’elles nous inspirent, se modifie toujours, constituée à chaque génération nouvelle par un caractère particulier, le geste humain est dans un perpétuel devenir.
L’époque présente, pleine de brusqueries, a des caprices et des inquiétudes, mais elle garde, parmi les vulgarités qui l’encombrent, sa délicatesse et sa distinction; dans la vigoureuse incohérence de son effort, le charme qu’elle a hérité des temps passés lui reste plus vif et plus piquant, avec une certaine élégance troublante. Le geste des femmes y a de l’indépendance, plein d'imprévu en ses libertés, et, bien qu’il ait, par le fait du costume, une tendance à se saccader dans la marche, son aisance habituelle donne à ses lignes une harmonie attirante; il a deux qualités propres, la souplesse et la fragilité, qui font de lui quelque chose de fin et d’enchanteur, et il trouve par sa simplicité mêirie des formules exquises de la beauté.
Si l’on considère dans le déploiement de sa vie cette artiste suprême qu’est Sarah Bernhardt, femme en qui réside le génie du geste, les caractères du mouvement se découvriront tous, portés à leur plus haut degré d’intensité : qu’elle s’avance ou s’arrête, s’étende, s’asseye, se relève, se détourne, s’agite, se repose, qu’elle se penche en une inclinaison de fleur, qu’elle se dérobe en un envolement d’oiseau, qu’elle passe avec sa légèreté de sylphe à la vaporeuse élégance, ou qu’elle se retourne en de merveilleux enroulements, elle fait le geste de la femme moderne, en conservant toujours à la ligne cette étonnante unité, — si bien comprise par M. Mucha dans son affiche de la Dame aux Camélias, — qui lui donne de la force et de la grâce; elle aj souriante ou tragique, cette attitude naturelle dont toutes les variations sont des mouvements admirables qui, dans leur séduction enveloppante, caressent nos yeux comme un frôlement. Mais la magnificence de son geste* par ce qu’il y a en lui de définitif, établit une sorte de type d'autant plus fixe qu’il contient quelque chose d’universel, et dès lors, par la puissance excessive de son expression, il ne répond plus à l’habituel mouvement féminin, à celui qu’on doit surprendre au courant de la vie et qui se découvre en quelque femme lisant un livre ou buvant une tasse de thé,
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Beaucoup de peintres ont recherché le geste de la femme moderne, bien que l’on puisse s’étonner du grand nombre d’entre eux qui n’ont pas songé qu’il existât. M. Stevens, qui avait observé avec une singulière pénétration les femmes des dernières années du second Empire, a peint d'elles ces très ressemblants petits portraits saisis douloureusement au vif de leur nature, et qui, dans une curieuse forme d’art, demeurent pour le passé de précieux documents de vie ; mais, trop obsédé de leur souvenir, il a continué à les représenter alors qu’elles étaient disparues. Plus tard, au début de cette période qui s’achève, Ileilbuth a noté par de jolis croquis la femme de 1875, en toilette claire, marchant le long d’une allée d’arbres, ou se promenant en bateau sur un étang de parc, lente, réfléchie, avec une discrétion bourgeoise douce et seyante; et, tout autre, Chaplin l’a fait rayonner de l'éclat rose de sa chair, parmi la fête des gazes et des tulles, avec le goût profond qu’il avait pour elle, l'aimant, rieuse ou émue, dans l’épanouissement de son être; mais ils ont eu une perception, l’nn, trop accidentelle en sa réalité, l'autre, trop particulière et conventionnelle, pour avoir pu déterminer l’état de la femme à leur époque.
De tous les artistes qui osent aujourd'hui tenter de
la note en la volubilité de sa course et dans la vérité de sa vie, ceux-là sont nombreux qui n’ont vu en elle que la « professionnelle » de tel ou tel exercice : ainsi M. Renouard dessinant des danseuses de son crayon sûr et mordant, ou ailleurs M. Bac constamment occupé des femmes adultères; ils se sont amusés à étudier chez elle une occupation spéciale, et, ne se rendant pas compte de ce qu’il y a en elle de général et d’essentiel, ils se sont arrêtés à des détails et ont écrit de charmantes observations sur les marges du livre. La plupart des autres ont tourné autour de la femme pour le divertissement de leurs yeux, ils ont pris plaisir à ses gestes et, sans se placer jamais au point de vue de l’idée , ils ont retenu, au hasard de l’heure et du lieu, des indications quelconques, souvent spirituelles, comme celles de M. Jean Béraud, dont ils ont fait des feuillets illustrés, mais qui restent sans caractère et ne peuvent avoir de valeur, parce qu’elles ne sont, dans leur formule amusante, qu’une expression indécise et inutile de la vie.
Inquiet sans cesse de la beauté et passionnément épris de ce mouvement féminin qu’il suit de toute la vivacité de ses yeux, M. Helleu a compris le geste de la femme moderne ; choisissant celles qui par leur nature répondent à sa conception première, il les regarde
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aller et veniç au cours de leur existence jusqu’à ce qu’il les saisisse à l'instant même où par leur maintien elles donnent une image d’elles gracieuse et juste. Il y a un tact en M. Helleu qui lui permet d’écarter de son art les choses alourdissantes et de ne jamais se servir de ce qui ne signifie rien, ce tact esthétique qui en s’affirmant s’appelle le goût, qualité si familière aux peintres du xvme siècle, qui s’était faite si rare parmi ceux du nôtre; et même ce goût dominera tout en lui et deviendra la, faculté directrice de son art. Très jeune, il en a perçu le charme profond, et lorsque, à vingt ans, par un effort de persistante volonté, il entre à l’école de la rue Bonaparte où on l’a placé dans l’atelier de M. Gérôme, il a une vision affinée déjà et, pour premier envoi au Salon, il peint, avec son sentiment d'aujourd’hui, le portrait d’une toute jeune fille — qui bientôt va devenir sa femme et qui lui donnera ses plus délicates et ses plus précieuses inspirations.
Il se plaît aux nuances simples, dans la pâleur des bleus et dans l’effacement des gris; il aime le blanc ei le noir jusqu’à pouvoir dire toute sa pensée à l’aide d’une simple pointe sèche, et avec du noir mis sur du blanc il compose d’exquises colorations. Son goût, qui s’applique à la disposition la plus harmonieuse d’une chambre comme au plus joli arrangement d’une femme,
ne peut, étant une mise en évidence de la beauté, supporter auprès d’elle rien qui la dépare ou la surcharge, car c’est un caractère du goût d’exclure de la représentation d’une idée ou d’une forme ce qui est inutile et inapproprié. Aussi M. tlelleu rejette-t-il de son œuvre tout détail qui n’est pas explicatif de la réalité féminine ; et même il détourne son observation de ce qui ne doit pas être pour lui une preuve et ne correspond point à la conception originelle de son esprit, s’intéressant à certaines natures, et non à d’autres, dans la curiosité de ce qui lui paraît être la vérité moderne. Il a le sens de la femme, c’est-à-dire la faculté de recueillir ce qu’il y a de féminin en elle ; et, comme il en est préoccupé avec les pensées et les désirs d’un homme d’aujourd’hui qu’aucune éducation n’a entraîné hors de son temps, c’est logiquement la femme d’aujourd’hui qu’il doit percevoir : il connaît la mobilité particulière de son corps, il est pris par le charme de ses contours, il sait en la regardant ce qu’il peut passer de rêves sur ses lèvres; et il comprend en toute la force de leur vie ces jolies têtes aux yeux preneurs, dont les cheveux enveloppants se soulèvent et ondoient dans leur luxuriante liberté, ou se relèvent en quelque élégante torsade, laissant apparaître la chute délicieuse de la nuque.
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De toutes les femmes qu’il a vues vivre autour de lui, il a donc choisi seulement celles qui, par leur geste, répondaient à son idée, en même temps qu’elles complaisaient à son goût, car il gardait encore, au milieu de leur diversité, ses préférences individuelles, 11 a présenté ainsi un certain être d’une physiologie caractéristique, élancé, à la taille longue, à la tête fine, de qui les formes légères ont une opulence à peine visible dans la courbe lente de la poitrine et des hanches, dans l’élégant allongement du corps : une femme souple, dont les mouvements sont liés, dont la jolie démarche et l’allure svelte ne sont pas empreintes de gentillesse, mais d’harmonie, qui se retourne et se recourbe avec une agilité doucement serpentine et conserve en tous ses actes une caressante distinction, qui est d'un ensemble de lignes très égal et demeure toujours simple dans la coquetterie de sa beauté.
La femme que remarque M. Helleu n’est pas seulement d une nature physiologique particulière, elle est aussi d’un ordre social déterminé : sans doute tous les éléments d’une société doivent servir à la figuration d’nn temps, mais ils ne contribuent pas tous à l’image de la femme, car celle-ci ne trouve sa valeur expressive que dans certaines conditions d’affinement et de liberté; et il est juste dès lors de la chercher dans
un milieu qui soit favorable à sa culture. Aussi M. Helleu laisse-t-il loin de lui et ce qui est vulgaire et ce qui est artificiel : l’ouvrière cl’un côté, et d’un autre l’actrice. L’actrice, en effet, quelque place qu’elle ait prise dans la vie mondaine par l’importance de ses toilettes, voire même par ses qualités propres, reste le plus souvent dans tout milieu contemporain une femme « différente » ou dont la personnalité du moins s’accorde à un diapason spécial : ce qui peut s’observer facilement dans le passé en remarquant combien telle comédienne, soit la Champmeslé, soit la Clairon ou Mllc Dumesnil, est dispareille de ses contemporaines. 11 ne s’arrête donc pas à la représentation de l’actrice qui, à très peu d’exceptions près, est, par la force des choses, un personnage composé, — faisant un portrait de Mllc Sorel accidentellement. Et il éloigne encore de son art les femmes qui se servent de leur beauté pour être les complaisantes habituelles de l’homme et sont à chaque geste préoccupées d’un résultat. Mais il retient avec prédilection la femme aristocratique dont la vie se meut sans effort en des manières d’être qui lui sont naturelles, et dont la grâce est libre dans l’aisance de son laisser-aller, créature de sélection qui ne se rencontre guère hors de la « société »; même il se plaît à la chercher dans un monde où l’aristocratie de la race,
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lorsqu’elle se joint à celle de la nature individuelle, lui ajoute un charme de délicatesse, parfois de lassitude, et il s’éprend d’un tel spectacle jusqu’à supporter la fadeur d’un esprit pour la finesse d’un corps : ce qui amène chez lui une antipathie violente pour la parvenue luxueuse au geste habituellement faux dans son désir constant de prendre une place supérieure dont sa personne ne s’accommode pas. Cependant, après qu'il a trouvé grandes dames ou femmes d’élégance, M. Helleu revient toujours à la maison auprès du plus sûr de ses modèles.
Lorsque ceux-ci se sont découverts à lui dans la précision actuelle de leur maintien, aussitôt il saisit en eux la familiarité du mouvement provoqué toujours par une cause simple, soit qu’ils changent de place, s’étendent sur un canapé pour s’y reposer, tournent la tête pour voir entrer quelqu’un. Et, par cette surprise de la femme vue dans sa nature même, il exprime essentiellement la beauté harmonieuse de son geste; car, d’une part, ce qu’une femme possède de séduction vraie l’accompagne dans toutes les diversités de sa physionomie et mobilités de sa tenue et ce qu’elle a d’involontab rement moderne jamais ne la quitte, — et, d’autre part, chacun de ses mouvements irréfléchis, à moins qu’il ne soit expressément localisé, produit sur toutes le^ parties
de son corps un contre-coup qui en modifie l’allure et fait voir une concordance de toutes les lignes de son être se présentant sans cesse en des apparences inattendues.
Telles passent devant nous les « habituées » des pointes sèches de M. ïïelleu et ainsi s’indique leur grâce. Voici une « jeune femme assise se chauffant » ; les mains s’appuient sur les accotoirs du fauteuil, et les coudes portés en arrière, effaçant les épaules dans une cambrure de la taille, projettent le buste en avançant la tête : il n’y a pas là seulement une idée de simplicité qui pourrait s’indiquer au moyen d’effets simples, mais aussi une idée d'exactitude, et l’on comprend que les lignes de cette line créature se sont proposées d’elles-mêmes et qu’il y a eu notation de sa vie. Voici encore une « jeune femme étendue », la tête renversée, dont le profil, fuyant de ses cheveux à ses pieds, a la souplesse molle de la réalité; voici « une jeune femme allaitant son enfant », avec une inclinaison du cou qui est le détail minuscule et frappant où se perçoit son intimité; voici une « jeune femme debout se chauffant », penchée vivement vers une cheminée Louis XVI — joli cadre ancien à sa jeunesse nouvelle, toute jetée <vn avant dans un élan de tout son corps : partout
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l’impression est ressentie de cette sûreté du mouvement que seule peut causer l’élégance innée de la femme et d’où se dégage l’harmonie de son geste à la fragilité exquise.
La manière même dont travaille l’artiste contribue à donner à son œuvre gravé cette prestesse et cette légèreté qui nous font avoir l'illusion qu’un moment de vie s’est posé là. Il ne dessine pas en effet sur le papier d’abord pour reporter ensuite le dessin sur un cuivre, au moyen d’une répétition d’où la nature est absente et où s’efface le charme de l’émotion ; mais, par un procédé bien supérieur, très rarement pratiqué aujourd’hui et qui fut employé par Rembrandt, il jette immédiatement sur le cuivre la vie prise au vif et, regardant passer la mobilité de la femme, il la fixe de son diamant qui court. Si l’on joint à cela cette rapidité même, qui lui permet à l'ordinaire de terminer sur-le-champ une planche commencée, sans la retoucher, sans la reprendre, — et qui se retrouve également dans ses sanguines et ses pastels, exécutés d'un premier jet avec une extrême liberté de main, détruits s’ils lui déplaisent, mais jamais repris, pour ne pas fausser la vérité par la superposition de deux états qui peuvent être inconciliables; — si Ton observe ainsi cette liaison instan-
tanée entre la perception de l’artiste et l’exécution de son travail, on s’explique alors que M. Helleu ait pu d’aussi près effleurer la vie et qu’il soit arrivé à donner à ses figures de femmes cette fraîcheur fugitive qui les rend si séduisantes en la grâce naturelle de leur geste.
Et en le voyant, ce geste de la femme, l’on songe à celui de la petite fille, qui l’a précédé et dont il est issu, et la pensée s’en va de la gentille « Ellen Helleu » si souvent apparue parmi l’œuvre de son père avec sa gracilité à la fois mutine et sérieuse, à ces surprenants portraits qu’a peints M. Boutet de Monvel. Bien que l’enfant, dans la générale indécision de son âge, n’ait pas à l’égal de ses parents une physionomie d’epoque, il est déjà moderne toutefois par le tempérament qu’il a hérité d’eux et aussi par la tenue extérieure qu’on lui donne au moyen et de rhabillement et des habitudes, — en attendant qu’il achève de le devenir par la manifestation de son caractère. M. Boutet de Monvel a du geste enfantin une admirable intelligence, parce qu’il a le goût de l’enfant et qu’il s’applique passionnément à considérer chacun des instants de sa petite vie, chacune des formes qu’elle prend tour à tour : il l’aime et il est auprès de lui dans son souriye comme dans ses larmes,
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dans ses joies et ses chansons, dans ses caprices et ses bouderies, — s’intéressant surtout à la petite fdle, ce commencement de femme, qui a des coquetteries, des tendresses et des impatiences, et qui se prépare à avoir du charme en ayant de la gentillesse ; il l’aime et il fait pour lui des images, où il le représente luimême en ses occupations diverses avec cette extrême linesse qui répond à sa consistance fragile, et où la fermeté de l’art se dissimule sous la naïveté des dehors, — des images petites comme elles doivent l’être, amusantes par leur précision vraie, par le croquis d’un mouvement inattendu qui fixe un état de sa pensée mignonne. Telles, entre cent, cette blondinette tout en mauve assise sur le gazon devant l’auréole d’un grand parasol rose, ou cette autre en robe blanche et bleue qui marche, les jambes perdues dans l herbe, vers un parterre de tulipes. Il aime l’enfant et, anxieusement préoccupé de la ressemblance individuelle, il peint ces délicieuses fillettes, d’une ténuité enchantante parmi les tons clairs de l’aquarelle, souriantes ou inquiètes, timides avec des réserves et des hésitations et se tenant droites en leur ingénuité, vues non seulement avec la simplicité de leur nature, comme M. Helleu voit ses modèles, mais même dans une simplification, qui, bien qu elle ait en soi quelque chose de
conventionnel, leur garde cependant leur entière vérité et leur donne, par la netteté de l’observation, un aspect contemporain. Elles ont une marque qui les particularise et sont bien, avec un accent imperceptible de raideur, de petites Françaises de nos jours, joliment habillées à la « Greenaway », mais d'un art aussi français qu’il est moderne; et, sous leur forme enfantine, se laissent percevoir déjà les émotions imprécises de leur pensée. C’est ainsi que chez les femmes de M. Helleu le sentiment se montre dans le geste même, cependant qu’il semble trouver dans une tendresse des yeux sa signification la plus subtile.