‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 101 sur 171 · Liltré, op. cil., p · texte numérisé non relu

Liltré, op. cil., p

l'SYCHOLOGŒ D AUGUSTE (JOMTi: 18,^

En revanche il avait le talent de grossir démesurément tout ce qu'il pouvait interpréter en faveur de son système et de sa doctrine.

Une Anglaise lui écrit qu'elle approuve ses idées sur les femmes. «■ Sur ce sujet, lui dit-elle, il n'y a que vous ». et Comte cite avec orgueil cette phrase banale, il la met en relief dans la préface de sa Politif/ue'^.

Un disciple espagnol, don José Segundo Florez, fait un recueil choisi du théâtre espagnol et en donne un exemplaire au maître en le qualifiant dans la suscription de « Simpatico filosofo ». Comte voit dans ces deux mots l'altruisme, le positivisme humanitaire, toute sa philosophie, et, dans son testament, il laisse à don José son édition de Cervantes en ajoutant- : « Je regrette de ne pouvoir mieux témoigner ma gratitude à l'éminent disciple qui seul a pleinement caractérisé l'ensemble de ma nature, en me qualifiant de simpatico filosofo M.Tout cela pour « simpatico filosofo » ; et don José était espagnol !

Comte était arrivé, par le développement régulier de sa confiance, à systématiser toujours dans un sens favorable les mécomptes comme les succès, les blâmes comme les éloges. H était enivré de sa doctrine et de lui-môme ; jamais philosophe ou poète, jamais créateur n'avait exprimé plus naïvement son orgueil.

Avec une pareille idée de son rôle social et de sa valeur personnelle, il devait fatalement se croire plus d'ennemis qu'il ne s'en était fait, et leur attribuer plus d'acharnement qu'ils n'en avaient mis dans leurs rancunes ; il ne manqua pas en etfet de s'exagérer l'importance des animosités qu'il soulevait, il crut trop facilement à des conspirations du silence contre son nom et ses œuvres, il prêta môme à ses adversaires l'étrange projet de le faire retomber, par leurs persécutions, dans une crise mentale analogue à celle de 182()

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