Pol. pos., I. p
S. Pol. pos., 746.
102 DELX MESSIlilS POSITIVIisTliS
Voilà comment les leçons lui profitaient !
Plus que personne, ses disciples étaient exposés à ces jugements d'ensemble qui noyaient un individu dans une doctrine ; quand il lut son testament à ses exécuteurs testamentaires, l'un deux, M. Loncliampt, le satisfit pleinement, « en faisant ressortir l'immortalité que cette mission devait leur procurer nécessairement » ; trois autres se permirent de critiquer la façon dont il parlait de sa femme et s'attirèrent celte réponse : « En voyant d'éminents disciples méconnaître des convenances aussi claires, j'ai bientôt constaté qu'ils subissaient un nouvel accès de la maladie révolutionnaire dont les positivistes actuels sont atteints d'après leur origine ordinaire... Ces conflits toujours imminents résultent du scepticisme d'où partirent presque tous mes disciples actuels et constituent la plus douloureuse fatalité de la situation sans exemple où je suis placé comme régénérateur'. »
Il finit, pour systématiser plus librement, par supposer, en 1856, que la religon positive était normalement établie depuis soixante et onze ans, et qu'il écrivait en 1027 : « Alors, disait-il, la réorganisation occidentale est assez accomplie pour avoir partout régénéré les âmes d'élite, de manière à nécessiter les livres qu'exige l'installation universelle de l'éducation encyclopédique - ». C'est grâce à cette fiction qu'il trace dans la Syfithhe subjective les principes de la pédagogie positive ; le réel ne se prêtant pas au système avec une docilité suffisante, Comte n'avait pas hésité à devancer les temps et il systématisait l'éducation du XX' siècle, en supposant tout d'abord le triomphe complet du positivisme. C'est toujours la môme confiance et le même besoin de synthèse ; il ne vivait plus que par et pour sa doctrine ; son orgueil, sa pensée abstraite, ses jugements, tout se résumait pour lui dans l'œuvre de régénération
\. Tealament, p. 20 et 27.