‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 109 sur 171 · Testament, p. 287-2 iS · texte numérisé non relu

Testament, p. 287-2 iS

l'SYCHOLOGIE D'AUGUSTE COMTE 197

comprendre. Si vous croyez pouvoir accepter toutes les responsabilités qui s'attachent à la vie de famille, dites-le moi, et je déciderai de mon sort ^ »

On juge de la joie de Comte, il touche enfin au bonheur, il lient sa Clotilde ! et c'est sur un ton lyrique qui lui répond : « J'ai dû hier, ma Clotilde, exercer hier sur moi-même un véritable effort pour ne pas répondre à votre divine lettre aussitôt après l'avoir relue devant votre autel. » Le malheur est que Clotilde, après ce premier pas, se refuse de nouveau et que son malheureux amant, plus passionné que jamais, reste un mois de plus dans le trouble physique et moral dont il se plaignait tout à l'heure. Il écrit en effet le 20 octobre : « Quoique l'agitation convulsive ait presque disparu, le sommeil reste insuffisant, sinon quant à sa durée totale déjà quasi normale, du moins pour la continuité et môme pour le calme... Je m'étais vraiment remis à l'ouvrage beaucoup trop tôt, après notre crise de septembre qui m'a ébranlé bien plus profondément que je ne le croyais d'abord -. »

Tn mois et demi plus tard, le 22 novembre, il n'était pas encore bien remis et faisait cet aveu intéressant : « Depuis six mois une extrême susceptibilité nerveuse, dont la source vous est bien connue, me laisse d'abord à la merci de chaque forte impression morale, bonne ou mauvaise ^ »

Les variations de Clotilde, sa froideur du début, sa tendresse et sa pitié de jour en jour croissantes, sa proposition étrange du 3 septembre, son refus plus étrange du 7, tout cela avait mieux réussi à énerver l'àme de Comte que le jeu savant d'une coquette ; il n'était plus le maître de sa volonté ; il se sentait, comme il dit, à la merci de ses émotions ; et les événements qui se succédèrent pendant les quatre mois

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