‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 111 sur 171 · I. Tfstnmenl, \K 'i'i',\-i'M · texte numérisé non relu

I. Tfstnmenl, \K 'i'i',\-i'M

l'SYCHOLOGlI'] D'ArGCSTt: COMTi: 190

que pour elle. 11 la voyait deux fois par semaine, il lui écrivait sans cesse, quelquefois deux fois par jour, et, pour un léger retard des réponses, se forgeait des inquiétudes ; il les numérotait, les gardait comme des reliques, les relisait matin et soir. Pendant un an ou bien près, il fut atteint de cette maladie de la volonté que déterminent toujours les grandes passions et qui en favorise d'ailleurs merveilleusement la croissance. Il ajourna ses travaux, il s'accorda un repos qu'il n'aurait jamais osé prendre autrefois, il se €omplut dans la rêverie et l'inaction. Tout ce qu'il écrivit en fait de philosophie, ce fut la « Le tire p/n/osojjkit/in' sutla conimétnoration sociale composée potir J/"" Clotilde de Vaux an sujet de sa fête^ ». Il ne pouvait aimer autre chose que Clotilde, et toute son âme brûlait dans une continuelle adoration.

Du vivant même de son amie, il lui avait voué un culte comme à un dieu; il faisait du fauteuil où elle s'asseyait pendant ses visites un autel devant lequel il lui adressait des invocations et des prières. Ce fauteuil, dit-il dans son testament, « ayant toujours été le siège de M'"" de Vaux, dans ses saintes visites du mercredi, je l'érigeais, même {)endant sa vie, et surtout après sa mort, en autel domestique... Il pourra remplir cet office tant que le permettra sa conservation, avec lés fleurs que me fit ma sainte collègue et que j'ai constamment appliquées dans leur vase, à nos rites publics, quoique flétries depuis longtemps -'... » Les lettres de Clotilde, ses fleurs, les vers ridicules qu'elle composait, toutdevenait aussitôt l'objet d'adoration religieuse : « Vous lire, vous écrire, disait Comte dans ses lettres, m'attendrir presque jusqu'au fétichisme devant les précieux talismans que je vous dois et désormais répéter en pleurant votre suave canzone {Quaiid le rossignol s'inspire sur ma tige en se jouant...), voilà, ma Clotilde, ce qui calme toujours mon agitation con-

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