‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 120 sur 171 · Vol. j>os., I, XV · texte numérisé non relu

Vol. j>os., I, XV

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mais, si le système reste rationnel dans sa source, ne con- (liiil-il pas au moins à une espèce particulière de mysticisme, à ce repos de l'ùme dans l'amour que les quiétistes ont célébré?

Sur ce point la discussion est beaucoup plus délicate. Comte a glorifié l'amour pur, l'amour désintéressé et même l'amour contemplatif; nous l'avons vu déclarer tout à l'heure qu'on se lasse d'agir et de penser mais qu'on ne se lasse pas d'aimer. 11 a écrit que la vie devait être une longue prière ; il a demandé le sacrifice complet de l'individu à l'humanité ; il a voulu qu'on adressât à l'humanité le même hommage que Thomas A' Kempis olï're à son Dieu : Anteni te fthoiquani nw, nec me nisi propler te. Sur la fin de sa vie, il recommandait à ses disciples la lecture de Y Imitation que lui-même lisait tous les jours et dont il disait : « Jusqu'à ce que le positivisme accomplisse, en invoquant l'humanité, la synthèse morale et poétique ébauchée par le catholicisme au nom de Dieu, le mystique résumé du moyen âge nous servira de guide journalier pour étudier et perfectionner notre nature \ »

On ne peut contester qu'il y ait là des tendances quiétistes très nettes, et pourtant, lorsque Comte se demande quelle est la meilleure façon d'aimer les autres, de leur témoigner sa sympathie, il met l'action au-dessus de la contemplation, l'amour actif et concret des hommes au-dessus de l'amour vague et inactif de l'humanité; il se défend énergiquement '< contre tout reproche de mysticisme et de quiétisme'». Il déclare que la philosophie positive condamne « la dégénéralion affective qui dispose à négliger les œuvres pour ne cultiver que les inspirations ».

« Un tel culte, disait-il, en parlant de la religion de l'humanité, ne peut jamais conduire à dédaigner l'activité qu'il doit discipliner, car il développe les affections qui nous

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