‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 121 sur 171 · Pol. pos., IV · texte numérisé non relu

Pol. pos., IV

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poussent immédiatement au bien. Si la pratique semblait disposer à l'inertie, cette dégénération indiquerait nécessairement un défaut de sincérité '. »

Ailleurs il dit dans des termes plus précis encore : « L'amour ne saurait être passif ; il ne stimule la raison et surtout l'imagination que pour mieux diriger l'activité d'où émana la positivilé, étendue ensuite au domaine contemplatif et enfin à la vie affective -. »

Comment expliquer ces affirmations contradictoires, cette condamnation du mysticisme et ces mystiques professions de foi. si l'on n'admet pas qu'après avoir tenté de se confondre, les tendances affectives et les tendances philosophiques de Comte finissaient par diverger? — Sans doute l'amour de Comte pour Clotilde s'était efforcé de devenir systématique en se reportant sur l'humanité, et l'austère positivisme, fait jusqu'ici de science abstraite et dogmatique, s'était ouvert à l'amour, mais la fusion complète n'était pas possible entre un système de politique et le plus antisocial des sentiments humains; et de fait, tandis que la philosophie positive s'organisait toujours pour la conquête sociale du monde, la vie personnelle du philosophe allait s'immobiliser dans la prière et la contemplation.

Nous connaissons la forme religieuse que sa passion tendait à prendre du vivant même de Clotilde. Ce fut bien pis après sa mort. Dès le cinquième jour il réglait minutieusement les excercices du culte qu'il allait lui rendre et qu'il devait pratiquer trois fois par jour, pendant treize ans et demi.

Aussitôt levé, à cinq heures et demie, il faisait une prière d'une heure qui se composait d'une commémoration et d'une effusion.

La commémoration durait quarante minutes. Comte, agenouillé devant le fauteuil-autel, évoquait l'image de Clotilde,

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