‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 123 sur 171 · l'ot. pos., I, j). XVII · texte numérisé non relu

l'ot. pos., I, j). XVII

de respect pour les supérieurs, d'atlacliemenl pour les égaux, d'affection pour les faibles ; pour être plus près de celle qu'il regardait comme le type de la perfection humaine il désira être bon, et nous savons qu'il y parvint. Il se réconcilia avec Arago qu'il ha'issait, avec sa famille de Montpellier qu'il n'aimait guère', il inspira une telle affection à. Sophie Bliot et à son mari que. dans un moment de gêne, ces deux domestiques vinrent d'eux-mêmes lui offrir ce qu'ils possédaient. Il fut chaste, il fut sobre et finit par se refuser les moindres plaisirs de la table; il supprima son dessert pour se mortifier, et, tous les soirs, il termina son repas par un morceau de pain sec afin de penser aux malheureux qui meurent de faim - ; il vivait le matin d'un peu de lait, le soir d'un peu de viande et de légumes.

Toute sa personne physique reflétait alors l'état de son âme ; un Anglais qui en avait autrefois reçu des leçons et qui le revit en 18ol fut frappé du changement profond qui s'était opéré dans sa physionomie. « 11 me rappelait, dit-il, une de ces peintures du moyen âge qui représentent saint François uni à hi Pauvreté. Il y avait dans ses traits une tendresse qu'on aurait pu appeler idéale plutôt qu'humaine. A travers ses yeux à demi fermés éclatait une telle bonté d'àme qu'on était tenté de se demander si elle ne surpassait pas encore son intelligence '. »

11 vivait ainsi les yeux fixés sur Clotilde, l'ùme tendue vers elle, communiant avec elle dans ses prières quotidiennes, dans ses confessions, goûtant la joie de sentir son image familière l'accompagner partout et s'applaudissant d'avoir transformé ses instincts sexuels en « stimulants nécessaires des plus éminenles alîections ».

Il était mystique et ascète, il vivait dans la mortification,

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