‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 129 sur 171 · Sluart Mill, op. cit., p · texte numérisé non relu

Sluart Mill, op. cit., p

DiMAs. — Doux messies. 15

iùli DEl X MESSIES POSITIVISTES

toutes les qualités d'esprit qui lui manquaient, il lui attribua une influence toute morale sur sa vie, il ne parla plus que du « saint amour » qui le régénérait dans sa vie privée et publique \ Cette aEFection ayant réveillé dans son âme une autre affection plus lointaine, le souvenir de sa mère se mêla de plus en plus au souvenir de Clolilde. «t Le culte de ma sainte compagne a, dit-il, ranimé celui de ma digne mère. La vénérable image de Rosalie Boyer s'est de plus en plus combinée avec l'aimable présence de Clotilde de Vaux, d'abord dans ma visite hebdomadaire à la tombe chérie, et ensuite pendant mes prières quotidiennes-. » Ces souvenirs ne lui suffirent pas; dans ce besoin d'alTection et d'amour que Clotilde avait créé, il reporta sur la simple femme qui le servait une partie de sa sym|)athie, et il appela Sophie Bliot sa fille : « Une telle providence, disait-il, ranime à son insu l'impulsion morale de mes deux autres anges*. » Ce fut l'origine personnelle et affective de sa théorie des anges gardiens qu'il exposa dogmati(}uement dans la suite, en mêlant, suivant son habitude, son système et sa vie.

Pour se rattacher plus étroitement par la pensée à l'humanité, chacun de nous doit, pense-t-il, se donner des anges gardiens*, qui sont la mère, l'épouse et la fille, c'està-dire trois femmes chargées de représenter l'humanité près de nous, et de développer en nous les trois instincts sympathiques : « rattachement entre les égaux, la vénération pour les supérieurs et la bonté envers les inférieurs" ». Ces anges peuvent être morts ou viva^nts, et si l'un d'eux manque dans notre parenté ou s'il est indigne, nous pouvons le remplacer, comme Comte l'a lait lui-môme pour

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