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Toules les idées qui précèdent sont exposées sur un Ion très simple, celui de la causerie, et rien ne fait prévoir que ce ton doive changer, lorsque tout à coup Saint-Simon enfle la voix et vaticine. « Est-ce une apparition, n'est-ce qu'un rôve? Je l'ignore, mais je suis certain d'avoir éprouvé les sensations dont je vais vous rendre compte. La nuit dernière, j'ai entendu ces paroles ^ » Et il passe la parole à Dieu luimôme qui développe sous forme de commandements et de prédictions le même progamme.
Y a-t-il eu réellement hallucination ou rêve, comme le dit Saint-Simon? On peut affirmer que non. Bien qu'avec ce tempérament d'exalté toutes les extravagances de l'imagination soient possibles, il s'agit très certainement ici d'un simple procédé de rhétorique, destiné à présenter des idées scientifiques avec l'appareil extérieur des idées religieuses ; Saint- Simon usera et abusera plus lard de ce procédé ; il est persuadé, en elfet, qu'un novateur rénove d'autant plus facilement qu'il sait mieux profiter des formes anciennes pour y couler ses idées. Après avoir exposé clairement son projet, il a donc pensé qu'il lui donnerait plus de crédit, surtout près des simples, en le faisant réexposer par Dieu dans un langage solennel. Peut-être môme, dans l'espèce, a-t-il pensé à Moïse et au Sinaï.
« Rome, dit Dieu, renoncera à la prétention d'ôtre le chef-lieu de mon Eglise; le pape, les cardinaux, les évoques et les prêtres cesseront de parler en mon nom ; l'homme rougira de l'impiété qu'il commet en chargeant de tels imprévoyants de me représenter-. »
il continue par un blâme collectif qu'il adresse à tous les fondateurs de religion qui ont précédé Sainl-Siraon ; sans doute ils avaient reçu de lui leur pouvoir, mais ils ont eu le tort de croire qu'il leur avait confié sa divine science; ils ont pensé tenir la vérité absolue et ils ont négligé « de pré-