‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 132 sur 171 · Pot. pou.. IV. 27;j. —Cf · texte numérisé non relu

Pot. pou.. IV. 27;j. —Cf

l'année, et à côlé de Linné, de Sophocle, de Phidias et de Racine, saint Auguslin, Bossuet et sainte Geneviève eurent leur jour de fête. Quiconque avait dans l'ordre religieux, artistique, militaire, scientifique ou industriel, servi la cause de Thumanilé était canonisé par Comte et devenait sacré pour elle.

Enfin la Trinité chrétienne fut remplacée par une Trinité positive par laquelle Comte protendit donner un aliment non seulement aux instincts théistes mais aux instincts fétichistes de la foule.

L'idée centrale du système avait toujours été l'idée de l'humanité; c'est par elle que Comte avait transposé et résolu d'une façon positive la plupart des problèmes insolubles posés par la métaphysique'.

Dans ce monde où tout est relatif, il existe cependant, pensait Comte, une réalité suprême dont l'idée est le principe d'une conception philosophique du monde ; cette réalité c'est l'humanité. Dans l'ordre théorique et objectif l'humanité est plus réelle que l'honuTie puisque l'individu, considéré isolément, indépendamment de la société qui réalise ses aptitudes et développe toutes les fonctions de son esprit, n'est qu'une abstraction vide, une virtualité sans contenu.

Dans l'ordre pratique et social, elle est un idéal auquel nous devons subordonner la vie végétative et la vie animale, de sorte que nous ne sommes vraiment hommes que dans la mesure où nous participons à l'humanité-. Cette réalité idéale se réalise en fait par la solidarité et la continuité dft ses éléments; non seulement les individus et les peuples d'un même temps sont solidaires, mais les générations successives concourent à une même œuvre; chacune a son rôle déterminé dans la vie et le progrès de l'espèce humaine;

4. Ce rôle constant de l'idée d'humanité dans la plupart des théories de Comte a été bien mis en lumière par M. Levy-Bruhl dans son livre sur Lu Philosophie d'Auguste Comte (Paris, F. Alcan. l'JOOK

2. C. ï. pour plus de détails. Levy-Bruhl à qui j'emprunte les éléments principaux du cette définition [Op. cit. p. 284).

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nalurelleraenl nous vivons tous en elle, par elle, et notre culture morale doit nous amener à vivre pour elle.

Comte finit par ériger en Dieu sous le nom de Grand- Etre cette humanité quasi-éternelle que le progrès faisait chaque jour meilleure, plus savante et plus puissante pour le plus grand bien de chacun de ses fils. « A ce seul véritable Grand-Etre, écrit-il, dont nous sommes sciemment les membres nécessaires, se rapporteront désormais tous les aspects de notre existence, individuelle ou collective, nos contemplations pour le connaître, nos affections pour l'aimer et nos actions pour le servir'. »

Plus tard à ce Grand-Etre, premier objet du culte. Comte adjoignit la Terre qu'il appela le Grand Fétiche et l'Espace qu'il appela le Grand Milieu.

U avait toujours eu beaucoup de sympathie pour le fétichisme, cette conception primitive de la théologie qui regarde tous les corps, soit naturels, soit artificiels, comme animés; il y voyait des analogies très grandes avec sa conception de la synthèse subjective; c'était en effet une synthèse subjective dont l'individu était le centre, et où la conception de volontés naturelles répandues dans les choses tenait lieu de la conception des lois, u On peut, disait-il, regarder le fétichisme comme ayant spontanément introduit la subjectivité que le positivisme doit faire systématiquement prévaloir dans la synthèse universelle. Respectivement appréciés les deux modes synthétiques ne dilfèrent qu'en ce que le premier reste absolu parce que son type est personnel, tandis que le second devient relatif en adoptant le type social-. » Puis il ajoute pour compléter la comparaison : « Rien ne saurait mieux caractériser les deux régimes extrêmes que leur tendance spontanée à faire prévaloir l'un les volontés, l'autre les lois. »

A ce régime, dont la synthèse positive se rapproche

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