Lettres à Valut, \<. 7«-TiK i lit., p. 8t
SAINT-SIMON KT Al GUSTE COMTK i65
chez lui, il nous montre l'aclion utile et bienfaisante exercée autrefois par l'Eglise et la Féodalité dans la société du moyen âge ; il nous fait assister à la décadence graduelle de ces deux pouvoirs, à la naissance et aux progrès des deux pouvoirs nouveaux qui doivent les détrôner un jour, la science et l'industrie; il demande enfin que la société, parachevant l'œuvre du temps, enlève aux prêtres et aux nobles désormais inutiles l'autorité qui revient de droit à tous les travailleurs de la matière et de la pensée.
Suivant son habitude, par simple mesure de prudence et pour ne pas inquiéter sa famille de Montpellier, Comte n'avait pas signé ces deux lettres dont il laissait à Saint-Simon toute la responsabilité ; mais il avait cette fois conscience d'avoir fait une œuvre plus personnelle que les précédentes, et quelques mois plus tard il annonçait en ces termes à Valat l'envoi de tOryanisateur : « J'aurai soin de t'indiquer ce qui est de ma façon et ce qui est de celle de Saint-Simon \ » Trcntrc-quatre ans après, alors qu'il avait écrit la plus grande partie de son œuvre, il revendiquait encore la paternité de ces lettres et il les publiait sous un tilre nouveau, à la suite du système de Polili(/u(' posiiicc -.
11 aurait pu tout aussi bien revendiquer les lettres VII et XI où il a utilisé des premiers essais restés jusque-là manuscrits, mais sans doute les jugeait-il, et avec raison, inférieures aux précédentes, car il n'en a jamais parlé.
Qu'il soit de bonne foi dans ses revendications, on n'en saurait douter pour peu qu'on ait pratiqué son caractère ; il a d'ailleurs montré lui-même jusqu'à quel point il se croyait le légitime propriétaire des lettres Vlll et IX en y puisant à pleines mains lorsqu'il a écrit sa philosophie de l'histoire dans le cinquième volume du Cours de Phiiosop/ue jjosi/irc. Mais il paraît s'être fait dès lors, et jusqu'à la fin de sa vie,