‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 153 sur 171 · Littré, op. cit., p · texte numérisé non relu

Littré, op. cit., p

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H y avait d'abord entre les deux esprits, et pour le bonheur de Comte, une différence fondamentale de méthode.

Saint-Simon, peu instruit, très imaginatif, travaillait sans aucune règle, changeait le plan de ses ouvrages au milieu môme de la rédaction et répandait ses idées sans prendre la peine de les mûrir ; c'était un publiciste de génie ^ plus qu'un philosophe véritable. Comte, beaucoup moins riche d'idées, mais infiniment plus méthodique, ne cédait rien à l'imagination, soumettait ses conceptions à une logique inflexible, les poussait jusqu'à leurs conséquences et devait être souvent choqué par les procédés aventureux de son maître.

11 s'écartait aussi de lui sur quelques points de doctrine et leurs divergences d'idées étaient l'origine de nombreuses discussions.

Dès 1818, dans les lettres anonymes qu'il adresse à Saint- Simon, il lui reproche de suivre sa théorie dans ses conséquences politiques au lieu de la suivre dans ses conséquences scientifiques. Saint-Simon lui paraissait en effet faire fausse roule en voulant toucher à la pratique avant qu'un nouvel ordre spirituel fût établi ; quelques années plus lard, dans le Prospectus, il reprochait aux peuples et aux rois de commettre la même erreur, et, six mois après la rupture, il écrivait à Valat : « Je regarde toutes les discussions sur les institutions politiques comme de pures niaiseries fort oiseuses et qui ne sont fondées sur rien jusqu'à ce que la réorganisation spirituelle de la société soit effectuée ou du moins très avancée ; et c'est un des points capitaux sur lesquels je suis absolument opposé à Saint-Simon par exemple qui voudrait commencer par la réorganisation temporelle (entendu(3 à sa manière), ce qui est le monde r(Mi versé et littéralement la charrue avant les bœufs ". »

A la vérité, Saint-Simon aurait pu répondre qu'il avait déjà consacré quinze ans de sa vie à réorganiser le pouvoir

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