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spirituel, mais Tobjection de Comte n'en porte pas moins contre la philosophie industrielle et la politique pratique qui le préoccupait alors. Lui-même a pris soin de signaler sur ce point la même divergence d'idées, lorsqu'il a écrit dans la préface du ProspeclKs, en 1824 : Ce travail « n'expose pas les généralités de notre système, c'est-à-dire qu'il n'en expose qu'une partie et qu'il fait jouer le rôle prépondérant à des généralités que nous considérons comme secondaires.
Dans le système que nous avons conçu, la capacité industrielle est celle qui doit se trouver en première ligne, elle est celle qui doit juger de la valeur de toutes les autres capacités et les faire travailler pour son plus grand avantage ' . »
Enfin, depuis quelque temps Comte voyait Saint-Simon tendre vers une vague religiosité, essayer de confondre la philosophie du travail industriel avec la morale de la charité, et il s'éloignait tout autant de cette philosophie sentimentale que de l'industrialisme. « Notre rupture, écrivail-il plus tard à Michel Chevalier -, doit être attribuée en partie à ce que je commençais à apercevoir en lui une tendance religieuse profondément incompatible avec la direction philosophique qui m'est propre. » Et Saint-Simon, très conscient sans doute de cette opposition, écrivait déjà dans la préface du ProspcclKs : « Notre élève n'a traité que la partie scientifique du système, mais il n'a point exposé la partie sentimentale et religieuse ; voilà ce dont nous avons dû prévenir nos lecteurs^. »
Kien à discuter ici puisque les adversaires sont d'accord pour reconnaître les points en litige; mais Comte eut plus tard un tort grave, ce fut d'expliquer l'évolution sentimentale de Saint-Simon par un ébranlement moral qui aurait suivi sa tentative de suicide. « J'ai pu observer en lui, disait-