Letlrex à Valut, p
.'». Voyez sur IcH Invectives (l'Hiifitnlin, p. S.'iîi.
essentiels qu'une immense ambition personnelle (le célèbre M. de Saint-Simon '), »
Les pages qui précèdent nous dispenseront de discuter le jugement qu'Auguste Comte, jaloux de son originalité et de sa gloire, portait avec une aussi belle inconscience sur l'homme qui avait été son initiateur.
Ce n'est pas tout : lorsque lui-môme eut fondé une religion, lorsqu'il fut devenu mystique et quiétiste, il revint une dernière fois sur ce premier maître dont le souvenir le hantait et que les saint-simoniens lui opposaient sans cesse ; et cette fois il ne craignit pas de s'abaisser jusqu'à l'injure. 11 l'appelle « jongleur dépravé » et, après avoir proclamé qu'il ne lui doit rien, il conclut: « Son éclat passager constituera pour la postérité l'un des symptômes caractéristiques de notre anarchie mentale, puisqu'il résulte seulement d'un charlatanisme effréné dépourvu de tout vrai mérite. Le cœur et l'esprit de ce personnage se retracent exactement dans le cynique résumé qu'il se plaisait à faire de sa propre vie, dont il représentait les deux moitiés comme respectivement consacrées à l'achat et à la vente des idées -. » Voilà comment jugeait Saint-Simon eu \Sîj'^ le philosophe qui en 1825 lui devait tant.
Mais, dira-t-on, entre 1824 et 1853 se place toute l'œuvre de Comte ; s'il a nié de plus en plus l'influence de Saint- Simon sur sa propre pensée, c'est qu'il devenait de plus en plus personnel et ne se reconnaissait plus en lui. A cet égard il serait dans son droit et — les injures à part — n'aurait dit que la vérité.
On voudrait pour la mémoire d'Auguste Comte que cette explication fût possible. Par malheur elle ne l'est pas et l'examen impartial des deux systèmes va nous montrer que s'il a été sincère en défendant contre Saint-Simon et les saint-simoniens l'originalité de sa pensée, ce n'a pu être