‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 16 sur 171 · liuvres complètes, I · texte numérisé non relu

liuvres complètes, I

truire par les voyages et surtout se renseigner sur Télat de la science dans les pays voisins.

Déjà, en 1802, aussitôt après la paix d'Amiens, il s'est rendu en Angleterre « pour s'informer si les anglais avaient découvert de nouvelles idées générales^ ».

« J'en revins, ajoute-t-il, avec la certitude qu'ils n'avaient sur le chantier aucune idée capitale neuve-. » Et l'enquête a dû être prestement conduite puisque nous l'avons trouvé à Genève quelques mois plus tard. Il en repart pour l'Allemagne en 1803 et rapporte de ce voyage une autre certitude, c'est « que la science est encore dans l'enfance dans ce pays, puisqu'elle y est encore fondée sur des principes mystiques '».

Le voilà donc assuré, par ses comparaisons aussi bien que par ses propres recherches, que ses idées scientifiques sont originales et justes ; il va pouvoir écrire son Introdiiclion. Mais, au milieu de ses préoccupations sociales, matrimoniales, commerciales et philosophiques, il a oublié de gérer sa fortune ; il a vécu en grand seigneur et dépensé sans compter jusqu'au jour où il s'aperçoit qu'il est ruiné.

En 1805, ses fonds sont épuisés et son existence matérielle devient très pénible.

Pour sortir de la misère, il s'adresse au comte de Ségur, qui le fait nommer copiste au Mont-de-Piété. « Cet emploi, dit Saint-Simon, rapportait mille francs pour neuf heures de travail par jour*. » 11 n'hésite pas cependant à l'accepter et l'exerce six mois, en prenant sur ses nuits pour ses études personnelles. — Mais ce travail excessif l'épuisait; il crachait le sang, sa santé était compromise lorsque le hasard mit sur sur sa route un sauveur.

Ce sauveur s'appelait Diard ; il avait été son domestique au temps de sa splendeur et dut être aussi révolté que stupéfait

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