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l>SYCHOLOGIi: DK SAINT-SIMON 29
de voir son ancien maître si injustement traité par le sort. D'après Saint-Simon il lui aurait dit : « Monsieur, la place que vous occupez est indigne de votre nom comme de votre capacité ; je vous prie de venir chez moi ; vous pouvez disposer de tout ce qui m'appartient ; vous travaillerez à votre aise et vous vous ferez rendre justice \ »
Saint-Simon accepta et s'installa chez lui; défrayé de tout il put écrire son Introdttcfio/i, et c'est même avec l'argent de son bienfaiteur qu'il la fit imprimer.
Dans ce livre Saint-Simon veut « organiser le système scientifique », mais, suivant ses procédés habituels de travail, il ne donne qu'une ébauche et déclare dans la préface : « J'ai le pressentiment que je ne serai pas mûr avant dix ans pour écrire l'ouvrage dont je présente l'esquisse-. » — Pourquoi se hàte-t-il alors ? — Pour être utile à la science et à ses contemporains, pour provoquer des objections, susciter des collaborateurs et préparer peut-être les voies à de plus capables que lui... s'il y en a.
D'ailleurs, s'il prétend à l'originalité, voire au génie, il ne prétend nullement aux qualités d'ordre et de logique des écrivains de métier; ce sont là mérites de cuistre et non de grand seigneur. « J'écris, dit-il, parce que j'ai des choses neuves à dire ; je présenterai mes idées telles qu'elles ont été forgées par mon esprit ; je laisse aux écrivains de profession le soin de les limer ; j'écris comme un gentilhomme, comme le descendant des comtes de Vermandois, comme un héritier de la plume de Saint-Simon *. »
Puis, emporté par son orgueil de nom et de race, il ajoute ; « Ce qu'il y a eu de plus grand de fait, de plus grand de dit, a été fait, a été dit par des gentilshommes. Copernic, Galilée, Bacon, Descartes, Newton et Leibniz étaient gentilshommes. » Quoi d'étonnant alors à ce qu'un gentilhomme