‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 161 sur 171 · Vol. poH., I. p · texte numérisé non relu

Vol. poH., I. p

Nous avons déjà vu que le positivisme se présentait comme un héritier de l'esprit et de la politique catholique et que Comte désirait bénéficier de la discipline et de l'organisation romaine bien plus qu'il ne voulait les ruiner. Voici maintenant que sur le point de terminer son œuvre il fait un pas de plus vers le christianisme et donne une place plus grande à la morale du sentiment. En fût-il venu là sans son amour pour Clotilde ? Nous ne le pensons pas et luimôme affirme que non; mais ce qu'il y a de certain, et Comte le comprit bien, c'est qu'en s'ouvrant ainsi à la morale de l'amour, en devenant accessible aux humbles d'esprit, le positivisme héritait une fois de plus du catholicisme et augmentait d'autant ses chances de vie. Cette philosophie, dit-il, ne « pourrait jamais devenir populaire si son intime adoption devait exiger la savante instruction qui prépara sa formation originale' ».

Et maintenant la courbe est finie; nous connaissons les idées générales et l'évolution du positivisme comtien.

La principale ambition de Saint-Simon, celle qui donne (le l'unité à sa vie si incohérente par ailleurs, c'est de mettre fin à la crise morale oii l'humanité se débat depuis la disparition des croyances théologiqnes. en organisant un pouvoir spirituel nouveau. Depuis l'année 1803, où il commence d'écrire, jusqu'en 1825, date de sa mort, il poursuit ce môme objet avec une abnégation d'apôtre.

En fait, le catholicisme est définitivement vaincu par la Révolution après une lutte de trois siècles qui a commencé avec la Réforme et la Renaissance ; pour le remplacer Saint- Simon demande, dès son premier livre-, qu'on s'adresse à un comité de savants européens. Ce comité, qui s'appellera

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