JEuvrea choisies. II
L'état de choses le plus favorable à l'industrie est donc, par cela seul, favorahle à la société'. »
Désormais donc c'est à l'industrie, à la nation en travail qu'il voudra confier le gouvernement de ce monde, et il va faire tous ses elTorts pour faciliter l'alliance de ce nouveau pouvoir temporel avec le pouvoir des savants. La forme et les détails de ses programmes sociaux changent sans cesse, mais le fond reste le môme : il veut que l'industrie et la science soient liés par les mêmes liens (jui liaient autrefois le pouvoir théoloj^ique au pouvoir féodal.
Dans le Système industriel, qu'il publie en 1821 et où il expose l'ensemble de sa philosophie, il pose en principe que la société n'a pour objet que d'organiser le bonheur du plus grand nombre et qu'une société est mauvaise dans la mesure où elle {)erd cet objet de vue. Or, que font aujourd'hui les pouvoirs constitués, derniers vestiges des anciens pouvoirs?
Le clergé, fermé à toute culture scientifique, ne défend môme plus la cause des pauvres et proche l'obéissance passive; la noblesse, après avoir exercé autrefois des fonctions utiles de pruleclion et de défense, n'est plus qu'une sangsue à l'égard du peu[»le et voit la richesse passer aux mains des industriels. Lnfin, dernière plaie, il y a les métaphysiciens parmi lestjuels Saint-Simon range les légistes. Leurs services ne sont pas contestables : ils ont critiqué et sapé l'ancien régime; ils ont préparé la crise, mais ils ont eu le tort de vouloir la diriger, et c'est pourquoi la révolution s'est faite au nom de chimères et de principes vagues, au lieu de se faire au nom d'intérêts précis. Aujourd'hui, par leur métaphysique et par l'influence qu'ils exercent, tous ces raisonneurs crilitiues sont le plus grand obstacle à l'établissement d'un régime industriel et positif.
On a donc le droit de dire que ni le clergé, ni les nobles,