‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 170 sur 171 · Notice hititorii/ue de t'uitrnel, p. ol · texte numérisé non relu

Notice hititorii/ue de t'uitrnel, p. ol

31 a DEUX MESSIES POSITIVISTES

volontaires, j'ai acquis le droit de blâmer moralement tous ceux qui, refusant de diverses manières leur juste intervention, ont sciemment concouru à laisser un consciencieux philosophe lutter seul contre la détresse et l'oppression, de manière à consumer par des fonctions subalternes tant de précieuses journées de saj)lpiiie maturité qui devrait rester consacrée tout entière à une libre élaboration dont l'importance n'est })lus contestée'. »

N'est-ce pas une justice à rendre aux deux réformateurs que, retranchés dans leur orgueil, fiers de leur mission et des services rendus, ils ont su l'un et l'autre mendier de très haut?

Enfin quand ils lâchaient la bride à leurs ambitions secrètes, tous les deux se perdaient en des rêves romantiques de gloire triomphante et d'apothéose.

SiiinlSimon voit tantôt les douze astronomes les plus illustres du globe qui le sacrent grand homme, tantôt deux empereurs et un roi qui le couronnent. Comte fait espérer à Clolilde qu'il unira son nom au sien, « dans les plus lointains souvenirs de l'humanité reconnaissante », et quand il imagine sa réforme achevée et son règne venu, il se berce de visions étranges oîi le Panthéon, premier temple de l'humanité, est aussi le sanctuaire où les fidèles viennent vénérer le fondateur.

Je pcurrais suivre dans le détail cette comparaison des deux messies et signaler encore bien des traits communs; j'estime que ceux-ci suffisent pour montrer j\ quel point Comte snbit, dans les tendances profondes de son àme aussi bien que dans sa pensée abstraite, l'influence de riiomnie étrange vers qui son destin le porta, à l'ùgc de dix-neuf ans. Je n'insisterai pas non plus sur le caractère psychopathique des deux personnages, les accès de folie, les crises mystiques, les tentatives de' suicide qu'on retrouve

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