I. H'iuvrt's clioisu's, I
Celle synthèse, Saint-Simon ne la tiendra pour parfaite que si elle est complètement unitaire, car il est persuadé, comme de Donald, comme de Maislre et comme les théologiens catholiques, non seulement que l'unité des opinions est une chose utile et favorable à leur durée, mais encore que l'unité est, par elle-même, une marque de perfection. Or, il ne peut choisir, pour unifier toutes les lois naturelles et morales, que la loi la plus générale qu'il connaisse, la loi de gravitation, qui unifie en fait, de son temps, l'astronomie, la mécanique céleste et une partie de la physique terrestre, et que déjà, dans les Lettres d'un haltitant de Genève, il nous a présentée comme la loi unique du monde physique et moral.
Newton, analyste et empiriste, n'avait, paraît-il, pas compris toute la portée de cette loi, lorsqu'il l'avait découverte et formulée. « Il n'a pas vu, écrit Saint-Simon, que les phénomènes de toutes les classes étaient les effets de cette cause ' » ; il a manqué d'esprit synthétique et philosophique, il s'est montré timide dans la généralisation. Saint-Simon, beaucoup moins timide, nous affirme, sans preuve aucune, que tous les faits de l'Univers sont soumis à la loi de Newton. Et si vous lui objectez que cette loi n'est vérifiée que pour les phénomènes de la matière, il aura bientôt fait de lever l'objection par une théorie matérialiste de la vie et de la pensée.
Qu'est-ce que la vie par exemple ? Tout simplement le produit d'une fermentation. « Il y a formation de corps organisés toutes les fois qu'il y a fermentation d'une certaine importance...; les plus gros animaux ont été produits par la plus grande fermentation". » Quant à la pensée, « c'est une attraction matérielle, un résultat du mouvement du fluide nerveux^ ». — Il y a dans le cerveau lui-même celte