‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 24 sur 171 · Œuvres complètes · texte numérisé non relu

Œuvres complètes

auquel rhumanité doit accorder le plus d'estime; c'est celui qu'elle doit regarder comme le plus vertueux, puisque c'est celui qui a travaillé le plus méthodiquement et le plus directement aux progrès de la science, véritable source de la sagesse *. »

On objectera peut-être à ce programme que Newton passe pour être mort vierge à l'âge de quatre-vingt-cinq ans et qu'il a mené une existence paisible et honnête, — Mais Newton n'a pas été un philosophe complet ; il n'a étudié que le grand univers; il a négligé le petit, l'homme, qu'il n'eût pu connaître que par la méthode exposée ci- dessus.

Saint-Simon a appliqué celte méthode dans toute sa rigueur; non seulement il a fait de l'astronomie et de la physiologie, mais il a voulu connaître les mœurs des différentes classes de la société et se lier avec des gens de toute espèce.

Ces recherches lui ont beaucoup nui dans l'opinion publique ; à le voir fréquenter les maisons de débauche et de jeu, à le rencontrer dans des sociétés plus qu'équivoques, les esprits superficiels ont pu croire qu'il s'y plaisait. Erreur! il faisait simplement de la philosophie sociale, et, ce faisant, « il parcourait la carrière du vice dans une direclion qui le conduisait nécessairement à la plus haute vertu ».

Aussi c'est avec la conscience d'une mission bien remplie qu'il peut aujourd'hui penser à sa vie passée et à l'opinion défavorable qu'il a souvent donnée de lui. « Mon estime pour moi, dil-il, a toujours cru dans la proportion du tort que j'ai fait à ma réputation '^ »

Ainsi justifié, plus messie que jamais, il se remet à l'œuvre et reprend l'exposition de sa doctrine.

On se rappelle que dans Vlntrodiiclion aux Travaux scientifiques du XIX" siècle, il se promettait tout d'abord de faire figurer une encyclopédie qu'il n'écrivit pas. Il s'excusa

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