‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 25 sur 171 · Œuvres complètes, I · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, I

en disant : « Faire une bonne encyclopédie est un travail qui exige le concours des premiers savants du globe, vingt ans de travaux et cent millions. » Mais son projet n'était qu'ajourné; dès 1810, il le reprend et il réexpose encore ses idées dans une brochure-annonce qu'il intitule Esquisse d'une Nouvelle EncTjclojiédie .

Il n'a pas trouvé les cent millions, mais il a devant lui tout le temps qu'il voudra prendre et, au nom de l'Empereur, il demande la collaboration de tous les savants de la terre. « Invincible Napoléon, dit-il en terminant, nous nous plaçons derrière ton bouclier pour faire appel à tous les savants du globe ; nous les invitons à travailler en commun au perfectionnement de l'idée générale*. »

Il faut croire qu'une fois encore les savants du globe firent la sourde oreille, car la Nouvelle Encyclopédie, qui devait comprendre une série de volumes, cessa de paraître après la première livraison qui servait en môme temps de prospectus.

Celte première livraison était précédée d'une épître dédicatoire adressée à Victor de Saint-Simon', le propre neveu du philosophe, officier dans l'armée impériale.

u Mon intention, mon cher Victor, lui disait son oncle, en vous dédiant mon ouvrage, est de vous pousser au grand ^ » ; et pour le pousser au grand, il lui faisait l'éloge des deux sortes de grandeurs, qui les avaient séduits l'un et l'autre : la grandeur scientifique et la grandeur militaire. Elles sont, pensait-il, également honorables, et paraissent loules les deux également réservées à des gentilshommes, « puisque Charlemagne, Pierre le Grand, Frédéric, Napoléon étaient gentilshommes, comme Galilée, Bacon, Descartes et Newton. »

\. Œuvres complètes, p. 9a.

2. C'était le fils d'Adélaïde de Saint-Simon qui avait épousé un Saint- Simon Monbléru. Ce fut plus tard le gênerai de Saint-Simon,

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