‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 26 sur 171 · Œuvres complètes · texte numérisé non relu

Œuvres complètes

Puis son orgueil de race éclale tout à coup en un tel couplet de bravade qu'il semble un moment atteindre son orgueil de philosophe et de réformateur. « Nous possédions autrefois, dit-il, l'Empire d'Occident; nous avons été réduits d'abord au royaume de France ; ensuite au comté de Vermandois ; dépossédés de cette souveraineté, nous n'avions plus qu'une existence secondaire : mais nous étions encore en première ligne parmi les gouvernés ;... aujourd'hui nous n'avons plus aucun rapport avec le trône, nous sommes descendus du faîte des grandeurs jusque dans les derniers rangs des gouvernés, et le souvenir de nos grandeurs passées est devenu un obstacle à notre élévation. En pareille circonstance, mon neveu, il faut payer doublement, triplement, de sa personne; il faut être fier jusqu'à l'arrogance \ »

11 y aurait cependant quelque exagération à présenter ce passage comme l'expression tout à fait exacte de la pensée de Saint-Simon. N'oublions pas qu'il veut souffler l'enthousiasme à Victor; il déclare lui-même, dans une lettre qui suit de près, qu'il a voulu l'exalter, le rendre fou, et il donne de sa conduite cette' raison inspirée sans doute par la conscience claire de son propre tempérament. « La folie n'est autre chose qu'une exaltation extrême de l'âme, et cette exaltation extrême est nécessaire pour faire de grandes choses. Il n'entre dans le temple de la gloire que des échappés des petites maisons". »

Quelques mois plus tard, il n'était plus question de la Nouvelle Encyclopédie, et le philosophe, revenant à des œuvres plus personnelles, écrivait le premier brouillon do VHistoirc de C Homme.

Sous ce titre nouveau, c'était encore le môme objet qu'il poursuivait : faire, par la loi de Newton, la synthèse des phénomènes physiques et moraux. — Aussi son Histoire de

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