‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 31 sur 171 · I. Œuvres ri)mplèles,],iM · texte numérisé non relu

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vision de courage, et, pour se défendre contre la misère, il paraît avoir abandonné alors à sa famille tous ses droits d'héritage contre une modeste pension; c'est ainsi qu'il put achever, dans un hôtel garni voisin du Palais-Royal, son Mémoire sur la Science de l Homme et son Travail sur la Gravitation universelle.

On se souvient que, dans le premier brouillon de 17//.stoire de l'Homme, il annonçait cinq parties dont il ne traita que les deux premières : 1° de l'Univers; 2° du Système solaire ; S'' de la Terre ; 4° des Animaux ; 5" de l'Homme.

Son objet était alors de replacer l'homme dans l'Univers et de donner une idée claire et positive de la nature humaine avant de faire l'histoire de l'humanité.

Cet objet a un peu changé, en ce sens qu'au lieu de considérer l'Univers et le monde dont il a tant parlé, Saint- Simon va considérer maintenant l'homme et l'espèce humaine ; au lieu d'étudier la nature sur la grande échelle, il va l'étudier sur la petite, mais son plan philosophique reste le même ; il veut toujours faire la synthèse des connaissances humaines par la loi de gravitation, et il va synthétiser la physiologie, c'est-à-dire la science de l'homme physique et moral, sans perdre de vue cette loi primordiale : « La série à établir doit remonter, dit-il, jusqu'à l'idée de gravitation universelle; elle doit s'élever à cette idée par des moyens physiologiques, c'est-à-dire par des considérations sur les corps organisés* ».

Mais, avant de commencer sa synthèse de la science de l'homme, Saint-Simon nous expose de très remarquables idées, qu'il dit tenir de Burdin, sur la possibilité de rendre la physiologie positive et de tout réorganiser ensuite par

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l'esprit positif, depuis la philosophie la plus théorique jusqu'aux institutions.

Toutes les sciences, remarque-t-il, évoluent de la forme conjecturale à la forme positive; c'est-à-dire qu'après beaucoup d'hypothèses et d'erreurs, elles en arrivent toutes à substituer l'observation raisonnée des faits aux conjectures et aux déductions.

L'astronomie a pris, la première, le caractère positif, parce qu'elle étudie les faits sous leurs rapports les plus simples et les moins nombreux; la chimie a suivi l'astronomie et précédé la physiologie, parce qu'elle étudie des faits plus complexes que les faits astronomiques et moins complexes que les faits physiologiques.

Il s'agirait aujourd'hui de faire faire le même progrès à la science de l'homme, en y introduisant la méthode des sciences précédentes. Pour cela il suffirait qu'un homme de génie, fondant cette science sur des faits observés, coordonnât les travaux de Vicq d'Azyr, de Cabanis, de Bichat et de Condorcet.

Cette constitution positive de la science humaine aura des conséquences théoriques et pratiques très importantes. L'enseignement de la physiologie sera introduit dans l'instruction publique, puisque la physique et la chimie y ont été introduites du jour où elles sont devenues positives.

La morale deviendra une science positive, car le physiologiste est le seul savant en état de démontrer que, dans tous les cas, la route de la vertu est celle du bonheur : « Le moraliste qui n'est pas physiologiste, fait dire Saint-Simon à Burdin, est obligé de montrer la récompense de la vertu dans une autre vie, faute de pouvoir traiter avec assez de précision les questions de morale V »

La politique deviendra positive, comme la morale. « Quand ceux qui cultivent cette branche importante de connaissances

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