‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 50 sur 171 · Œuvres complètes, III · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, III

bien fini, et ce serait folie de continuer à fonder la morale « sur des préjugés dont le ridicule fait tous les jours justice* ».

Il n'y a aujourd'hui qu'une solution possible, conforme à la logique du système industriel et aux exigences de la science positive, c'est de substituer aux intérêts d'outretombe des intérêts terrestres et précis dans la détermination de la conduite humaine. Il faudra donc montrer à tous les membres de la société nouvelle, depuis le plus infime jusqu'au plus riche, que les intérêts de la société et ceux de l'individu coïncident toujours. ,

C'est en vertu de ces prémisses que Saint-Simon préconise une morale utilitaire plutôt indiquée qu'exposée et très analogue, dans ses grandes lignes, à la morale de Bentham.

Le principe est, dit-il, que « tout ce qui est utile à l'espèce est utile aux individus, et, réciproquement, que tout ce qui est utile à l'individu est utile à l'espèce »... « Le nouveau code de morale doit se composer des applications de ce principe à tous les cas particuliers-. »

Qu'on fonde donc, dans la société industrielle, des chaires de morale et de sciences positives destinées à propager cette nouvelle philosophie de la vie sociale.

On y développera celte maxime aussi certaine qu'un principe de mécanique : « On ne peut être vraiment heureux qu'en cherchant son bonheur dans le bonheur d'autrui. ^ »

On y enseignera « que l'homme se soumet volontairement au plus grand mal moral dont il puisse être affligé quand il cherche son bien-être personnel dans une direction qu'il sait être nuisible à la société* », et on y montrera aussi « comment chaque individu peut combiner son inté-

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