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PSYCHOLOGIE DE SAINT-SIMON Hl
l'ordre el de la suite, pour en faire la vie modèle d'un messie.
De là celte apologie extravagante oîi il déforme et systématise toute sa vie passée pour nous la présenter comme une série d'expériences sociales conduites rigoureusement et de sang-froid ; de là ces lettres à Redern, où il prétend que leur amitié, leur rupture et leur réconciliation sont des faits nécessaires, conformes à l'ordre éternel comme à la logique de leurs existences. — Non content d'être un messie, il voulait n'avoir jamais été que cela, et cette prétention, qui se retrouve chez d'autres fondateurs de religion, l'entraîne le plus souvent dans des explications audacieuses et comiques.
Cette foi messianique se traduit dans la vie sociale par un orgueil démesuré qu'on peut d'ailleurs constater chez tous les messies.
Saint-Simon se prend pour l'héritier de Descartes, pour le génie le plus synthétique qui ait paru, il s'intitule un second Socrate, et s'il ne se dit pas fils de Dieu, il s'en proclame au moins le vicaire.
Pendant la première partie de sa vie, l'orgueil du gentilhomme s'associe chez lui à celui du fondateur ; il parle de ses ancêtres, de Charlemagne, du duc son petit-cousin ; il proclame que rien de grand n'a été fait que par des gentilshommes. A partir de 181 G, lorsqu'il conçoit son régime industriel et range décidément parmi les frelons les nobles les prêtres et les militaires, il ne prend plus son titre de comte et sa particule, oublie qu'il a été noble et veut le faire oublier. C'est à tel point que, dans ses lettres à Valat\ Auguste Comte le loue d'avoir renoncé aux manières comme aux préjugés de la noblesse, et que, le jour de ses funérailles, le Constitutionnel peut écrire : « Il eut un mérite qui n'est pas commun dans notre vaniteuse France ; des gens qui le connaissaient depuis longtemps n'ont appris