‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 64 sur 171 · Correspondance l* série, p · texte numérisé non relu

Correspondance l* série, p

PSYCHOLOGIE UAUGUSTE COMTE 1:29

copie est conservée aux Archives elle est qualifiée ainsi : « Anne Caroline Massin ouvrière en linge, âgée de 22 ans passés, fille majeure naturelle de Louis Hilaire Massin-Chambreuil, comédien, absent sans nouvelles, et de Anne Baudelot ouvrière en linge* », mais le détail le plus piquant de cet acte de mariage c'est que Cerclet y est mentionné comme témoin des jeunes époux avec Olinde Rodrigues et deux autres amis.

Non seulement Comte épousait une fille publique mais il gardait avec son premier amant des relations amicales et ces deux traits peuvent nous donner une idée de la vie de bohème que menait alors le futur grand prêtre de l'humanité.

il a prétendu plus tard n'avoir jamais aimé cette femme, mais quelques lettres à M'"" Comte, reproduites par Littré, prouvent le contraire-, et voici d'ailleurs en quels termes il annonçait à Valat son prochain mariage :

« J'épouse une femme de vingt-deux ans qui n'a d'autre dot que celle qui inspire à Harpagon de si comiques remontrances : son bon cœur, ses grâces, son esprit d'une trempe peu commune, son amabilité, son heureux caractère et ses bonnes habitudes ''. »

Comme il la garda dix-sept ans malgré ses fugues et ses infidélités sans nombre, nous avons le droit de penser, en dépit de ses dénégations, qu'il en était alors vivement et sans doute sensuellement épris. Il essaya cependant d'expliquer son mariage par des raisons plus abstraites : à Valat il parlait déjà en 182;j de sa générosité ; à Littré il déclarait en 1851 qu'en épousant Caroline Massin il avait voulu se l'attacher par la reconnaissance : « Ne me jugeant ni beau, ni môme aimable, lui disait-il, et pourtant tourmenté d'un vif besoin d'affection, je choisis une épouse qui dût m'aimer

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