Corretpondance, V* série, I
PSYCHOLOGIE D'AUGUSlt: (JUMTE 133
que je vous apporte. Il en est résulté une véritable crise nerveuse (qui dure encore, quoique afTaiblie) qui m'a fait voir sous un jour beaucoup plus complet, et beaucoup plus net qu'il ne m'était arrivé, l'ensemble de ma vieV »
Comte avait conçu ce jour-là le plan de la Philosophie positive.
Le cours s'ouvrit, le dimanche 2 avril 1826, à midi, dans l'appartement de Comte. Parmi les auditeurs avaient pris place Blainville, Poinsol, Alexandre de Humboldt'^; puis venaient des médecins, d'anciens élèves de l'École polytechnique et quelques curieux^ Lamennais, poursuivi par le ministère Villèle, préparait sa défense et s'était excusé par un billet affectueux.
Auguste Comte, ému d'abord à la vue de son auditoire, n'en dit pas moins avec assurance la leçon qui fait aujourd'hui le premier chapitre du Cours de Philosojj/iie jjositiiw. Il expliqua le but de son enseignement, l'esprit du Positivisme et l'importance de la nouvelle philosophie. Le lendemain matin, il écrivait encore à Blainville pour lui demander de nouveaux auditeurs :
« Pensant que vous serez peut-être dans le cas de voir des personnes pour mon cours, je me hâte de vous rappeler que vous pouvez m'amener qui vous voudrez, et même me les envoyer, si je devais être privé de la satisfaction de vous avoir, ce que je crains malheureusement, pour quelquefois au moins. Je présume que M. Ampère, par exemple, s'arrangerait assez bien de ce cours, et surtout de la partie mathématique qui commencera dimanche ; voyez, mon cher moasieur Blainville, si vous jugez à propos de lui en parler'.
« Votre tout dévoué,
Auguste Comte. »
Ce lundi matin, 3, huit heures