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5. Saint-Simon, sa vie et ses travaux, p. 9-10. Quillaumin et C'*, Paris, 1857.
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lui-môme la plaie avec un charbon ardent, et se munit d'un pistolet pour se faire sauter la cervelle, au cas où il viendrait à ressentir les premiers symptômes de la rage '.
A quinze ans, le valet de chambre qui l'éveille, a l'ordre de lui répéter chaque matin. « Levez-vous, Monsieur le comte, vous avez de grandes choses à faire. »
C'est déjà le sentiment d'un rôle à jouer dans le monde. — Quel sera ce rôle ? — L'adolescent n'eu sait rien encore ; le temps seul lui apprendra dans quel ordre de recherches la nature veut « le pousser au grand », mais il croit à sa mission avant même d'en avoir éclairci l'idée ; il y croit bien plus encore lorsqu'il en a conçu les grandes lignes ; il y croira toujours jusqu'à son lit de mort.
Nous ignorons ce que fut son éducation et nous ne savons de son instruction première que ce qu'il en a conté. A l'en croire, elle aurait été conduite sans beaucoup de méthode par des parents plus pressés de charger sa mémoire que de développer son jugement : « On m'accablait de maîtres, dit-il, sans me laisser le temps de réfléchir sur ce qu'ils enseignaient ; de telle sorte que les germes scientifiques que mon esprit avait reçus ne purent lever que de longues années après avoir été semés ". » Il se félicitait toutefois d'avoir compté parmi ces maîtres d'Alembert, dont il croyait avoir reçu une bonne méthode philosophique ^
Enfin il dut avoir très jeune de grandes sympathies pour Rousseau qu'il alla visiter dans son Ermitage, avant d'avoir atteint ses dix-neuf ans '.
Noble d'instincts comme d'origine, porté vers la philosophie du siècle, passionné de gloire, désireux de faire quelque chose de grand, tel nous apparaît donc vers l'adolescence Claude-Henri de Saint-Simon, et, comme pour un