Hubbard, op. cil., p
46 l)i:i X MKSSIKS POSITIVISTES
aîné de sa famille la carrière des armes s'impose, il prend du service à seize ans en qualité de sous-lieutenant.
Mais déjà il pense, quoique confusément encore, à exécuter quelque grand travail théorique et pratique, et il s'ouvre de ce projet à son père. « Si j'étais, lui écrit-il, dans une position calme, j'éclaircirais mes idées ; elles sont encore très indigestes, mais j'ai conscience claire qu'après les avoir mûries, je me trouverais en état de faire un travail scientifique utile à l'humanité, ce qui est le principal but que je me propose dans la vie*. »
Alors éclate la guerre d'Amérique, et Saint-Simon, nommé capitaine en 1779, s'embarque la même année comme officier d'état-major de son parent le marquis de Saint-Simon, pour aller soutenir les insurfjents.
Use bat bien, contribue à la prise d'York, sert sous les ordres de Bouille et de Washington, et, comme récompense de son courage, reçoit du Congrès l'ordre de Cincinnatus.
Mais ce qui l'intéresse, en Amérique, c'est « le but de la guerre ■ non la guerre elle-même ; il s'y occupe « beaucoup plus de science politique que de tactique militaire ». H voit, dans la révolution américaine, « une leçon pour l'espèce humaine », il prévoit « qu'elle va causer de grands changements dans l'ordre social de l'Europe ' ».
Il constate que la nation américaine pratique la tolérance religieuse, qu'elle n'a ni castes, ni corps privilégiés, ni charges héréditaires, qu'elle est a essentiellement pacifique, industrieuse et économe ' », et, bien qu'un état de chose aussi démocratique lui paraisse bien difficile à réaliser en
1. Cette lettre est citée par Georges Weill ((//<. n/., p. .1) tluprès l'analyse qui se trouve dans le catalogue do la collection Diibrunlaul; elle n'est pas datée, mais lui parait, ])ar certains détails, antérieure à i77'J.