Lettre à Clotilde. Teslatnent, p
du sévère régime que j'ai introduit, à cette occasion, pour tout le reste de ma vie\ »
En même temps, il s'astreignait, dans le même dessein, à un véritable régime moral. Comme il avait plusieurs fois remarqué le triste résultat du concours des émotions vives et du travail intellectuel excessif, il eut soin d'éviter autant que possible ce dangereux concours. Lorsqu'il perdit, en 1844, sa place d'examinateur à l'École polytechnique à la suite d'un vote du conseil de l'École, il écrivit à Stuart Mill : « Je me félicite d'avoir ajourné après cette décision, que je savais devoir être très prochaine, le début de ma seconde grande élaboration philosophique, afin d'éviter la funeste coïncidence d'une forte excitation dans la partie affective et dans la partie intellectuelle du cerveau . Mes misérables ennemis, outre l'espoir de me réduire à l'indigence, ont aussi, je le sais, confusément tendu toujours à déterminer, par le concours de leurs attaques avec mes propres travaux, quelque terrible et irréparable retour du fatal épisode de 1826 , raconté dans ma préface; mais leur abominable espoir sera, j'ose l'affirmer, toujours complètement illusoire, grâce à la constante discipline que j'exerce sur mes émotions et sur ma conduite ^ » Nous pouvons faire des réserves sur les projets perfides que Comte prête à ses ennemis, mais peu importe, pour son régime mental, que ces projets soient exacts ou non. Ce qui est remarquable c'est que Comte se connaisse assez pour redouter une crise si la rencontre d'une émotion vive et d'un travail de pensée intense se produisait, et qu'il soit en même temps assez maître de lui pour éviter celte rencontre.
On ne peut pas faire preuve de plus de conscience et de raison dans une lutte contre la folie; le régime physique et le régime moral de Comte sont d'irrécusables témoignages de sa santé morale.