‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 82 sur 171 · Lettres à Stuarl Mill, p · texte numérisé non relu

Lettres à Stuarl Mill, p

PSYCHOLOGIE DAUUl'STE COMTE 159

C'est pourtant dans son régime physique que l'avocat de M'"" Gornle est allé chercher des preuves de la folie. Littré lui avait déjà reproché d'avoir supprimé les excitants et les toniques, sans comprendre les motifs bien légitimes de cette suppression, et M" Griolet dit dans le même sens : « Il se privait de vin, de café, de tous les excitants... il pesait sa nourriture *. »

Je crois avoir montré par ce qui précède combien est puéril un pareil reproche. Sans aucun doute, Auguste Comte a été fou, et il s'est cru avec raison exposé à des rechutes ; mais une fois échappé à la manie, il l'a évitée par tous les moyens, il a rusé avec elle, et, somme toute, il l'a vaincue.

Non seulement, après 1820, il n'a plus été maniaque, il n'est plus retombé dans ce désordre de sentiments et d'idées où il avait failli se perdre à jamais, mais dans le traitement physique et moral qu'il a suivi jusqu'à sa mort, il a toujours donné des signes de haute raison.

Ce sera notre première conclusion.

Nous ajouterons que cette lutte contre la folie fait encore plus d'honneur usa volouté qu'à son intelligence. Elle nous fait comprendre tout ce qu'il y eut do courage simple et de vraie grandeur dans l'existence intellectuelle de cet homme qui se sentait menacé, vingt ans après, par la folie de jadis, et qui n'hésita jamais cependant à risquer dans le travail de la j)ensée son merveilleux génie, pour accomplir ce qu'il appelait sa mission.

Les crises dont nous venons de parler eurent-elles au moins sur la pensée de Comte une influence quelconque? S'il ne retomba jamais dans la manie, ne fut-il pas au moins atteint par ses crises dans la logique de sa méthode ?

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