Hev. occ»/., soptoinbro 1893, p
PSYCHOLOGIE DAL'GUSTE CO.MTE 163
Telle est la thèse que Littré, M" Griolet et M'"" Comte sont arrivés à faire accepter par l'opinion, sinon par le tribunal. Que vaut-elle ?
On peut d'abord faire à Littré cette première critique qu'il ne parait pas très bien comprendre la méthode subjective qu'il dépêche si rapidement en la chargeant de toutes les erreurs de son maître.
La logique subjective ne consiste pas, comme il le croit, dans l'usage arbitraire de la construction imaginaire ; ce n'est pas une logique d'illuminé ou de visionnaire. Telle que Comte la définit maintes fois, même dans les citations faites par Littré, elle se borne simplement à faire toujours prédominer dans la recherche scientifique le point de vue social et humain.
Dans le Système de politique positive. Comte déclare expressément que la culture scientifique est oiseuse, que la connaissance des lois est vaine, si elle ne tend à l'amélioration de la condition humaine. « L'univers, dil-il, doit être étudié non pour lui-même mais pour l'homme, ou plutôt pour l'humanité'. » C'est la condamnation de la spéculation désintéressée, de la science inutile, qu'il appelait « académique » ; la logique subjective n'est que l'organisation du savoir dans un sens humanitaire ou, si l'on aime mieux, la subordination de toutes les sciences à la sociologie.
Sous le régime positiviste, on devra s'abstenir de tout exercice de la pensée qui n'aura pas quelque utilité réelle, soit matérielle, soit morale ; « la science pour la science » est un principe non seulement méprisable mais criminel.
Ce n'est pas le lieu de discuter cette conception utilitaire de la science, qui tout aussi bien que la conception purement spéculative a sa grandeur; je veux seulement insister sur ce fait que la logique subjective, si étrangement calomniée par Littré, n'a d'autre but que d'en formuler les lois,