‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 88 sur 171 · Politique positive, I · texte numérisé non relu

Politique positive, I

'i. Politique positive, I, 440.

en empêchant ses contemplations de prendre un caractère absolu et une extension illimitée, qui reproduiraient, sous la forme scientifique, les principaux inconvénients du régime théologico-métaphysique ^ »

Enfin, pour se mettre en garde contre les erreurs, contre la confusion possible des vérités utiles et des véritées démontrées, Comte demande expressément et en plusieurs endroits que la méthode subjective soit toujours employée de concert avec la méthode objective. « Notre constitution logique ne saurait, dit-il, être complète et durable que par une intime combinaison des deux méthodes-. » « Aucun dogme de la religion finale ne saurait être assez établi qu'après avoir été démontré par les deux méthodes, quelle que soit celle d'oîi il émane d'abord '\ » Est-il nécessaire de dire, après ces explications, qu'il n'y a rien de morbide dans l'institution de cette méthode subjective qui a tant ému Littré : après avoir fait la philosophie objective des sciences, Comte voulait que la science, au lieu de rechercher la connaissance pure, recherchât le bonheur humain.

Non seulement cette orientation du système ne témoigne d'aucun trouble intellectuel, mais elle est profondément philosophique. Comte est ici dans la vieille tradition de Descaries et des encyclopédistes.

Faut-il, au moins, admettre avec Littré que cette orientalion fut subite, qu'elle suivit de près la crise de 1845 et qu'elle fut en contradiction avec les idées générales qui avaient jusque-là dirigé le Coratisme ? On ne peut, quand on a lu le Cours de philosophie pnsiiice et les opuscules antérieurs, avoir d'hésitations sur la réponse.

Nous avons pris l'habitude de juger Auguste Comte par son CoKrs de /thilosophie jiositicv ; nous ne connaissons d'ordinaire que sa loi des trois éfats et sa classi/lcalion des

Page 1