‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 95 sur 171 · UUlresù ValaL. p · texte numérisé non relu

UUlresù ValaL. p

S». Ut très à Valat, p. 12f>.

a. LcUres à Valat, p. 193.

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Sa confiance et sa foi ont donc leurs sources dans la connaissance très nette qu'il avait de son intelligence, dans l'espoir déjouer un rôle social, d'être le prêtre et l'apôtre de la philosophie nouvelle, dans le désir d'organiser, par la science, la vie politique et le bonheur humain; et sans doute de pareils desseins supposent une étrange volonté d'être et d'agir, une certitude infinie de soi-même, mais la foi de Comte n'avait rien d'égoïste ni de bas; c'était la foi des réformateurs, où il entre autant d'abnégation que d'orgueil.

La première partie de son œuvre comportait l'organisation de la philosophie des sciences et l'établissement d'un système d'idées positives qui refit dans l'Occident l'unité des esprits. Il y travailla seize ans, de 1826 à 1842, sans avoir jamais un moment de découragement et de doute. Pendant ces seize années, il eut à vaincre des difficultés sans nombre, à lutter contre les hommes et contre les choses, et ce qui le soutint, ce fut le sentiment très haut de son devoir social et l'orgueil de sa destinée.

il devint fou, et, une fois guéri, il se sentit longtemps menacé par le mal qui l'avait quitté. Nous savons comment il l'évita.

11 fut pauvre, il donna des leçons de mathématiques pour trois francs. Professeur à l'institution Laville, répétiteur et examinateur à l'École polytechnique, il dut s'acquitter en même temps de ces trois fonctions pour s'assurer l'existence, et il fut tellement absorbé par celte triple tâche qu'il ne trouva pas en six ans vingt jours consécutifs qu'il put consacrer à un repos complet « ou à la poursuite exclusive de ses travaux philosophiques \ »

Candidat à la chaire d'analyse à l'École polytechnique, il échoua en 1831, en 1830 et en 1840, malgré les services rendus et des titres incontestables.

Sa femme, qui 4e trompa sans vergogne et le quitta quatre

i. Ph.pos., VI» vol., p. 14.

bi MAS. — Deux messies. 12

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fois, lui rendit la vie du foyer difficile et dure. « Pendant « dix-sept ans de cohabitation, écrivait-il à Littré, j'ai sou- « vent conçu ainsi des pensées de suicide, auxquelles j'au- « rais probablement succombé si la profonde amertume de « ma situation domestique n'eût été surmontée par le sen- « timent croissant de ma mission sociale*. »

Il termina en 1842 la première partie de sa tâche, cette philosophie positive qui devait préparer la politique, et c'est ici que se place un des incidents les plus importants de sa vie, un des plus propres, en tout cas, à nous révéler tout ce qu'il y avait en lui d'orgueil et de foi.

Comte avait souffert de ses échecs successifs à l'École polytechnique; or, il se sentait déjà fort de l'approbation de Mill qui lui avait adressé dès la fin de 1837 une lettre flatteuse, des éloges du physicien anglais Brewster qui, en juillet 1838, avait consacré dans la Revue d'Edimbourg un article au Cours de Philosophie positive, et de l'adhésion de Littré qui le connaissait depuis 1840. Il était encore plus fort par le sentiment de l'œuvre accomplie, et c'est avec confiance qu'il crut pouvoir en appeler au public contre ce conseil de l'École qui par trois fois l'avait repoussé.

Par la publication du sixième et dernier volume de son cours, il ne doutait pas de conquérir l'opinion de la France et de l'Europe ; par sa « préface personnelle » il voulait l'intéresser à son existence privée, en appeler au public des injustices commises, exercer par là une pression morale sur le conseil hostile et s'affermir à jamais dans ses fonctions de répétiteur et d'examinateur qui se trouvaient jusque-là soumises à une réélection annuelle. Il ne demandait pas davantage pour le moment ; son modeste traitement lui suffisait pour vivre; plus tard, devenu vieux, il s'en remettrait à la France reconnaissante du soin d'assurer sa vie. M Quant aux prévoyances de la vieillesse, disait-il, si jamais

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