‹ Psychologie de deux messies positivistes, Saint-Simon et Auguste ComteChapitre 96 sur 171 · TtHlamenl. p. !ii-5JÎ · texte numérisé non relu

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PSYClIOLOGiE D AUGUSTE GOMT!-: 170

il y a lieu, la nation française saura sans doute y pourvoir spontanément', »

Cette admirable confiance fut déçue ; ni la France ni l'Europe ne s'émurent ; le sixième volume du cours ne fut pas plus lu que les précédents et le conseil de l'École, après avoir réélu Comte l'année suivante, refusa de le réélire en

Il souffrit cruellement de cette disgrâce, mais son orgueil n'en fut pas abattu ni sa foi ébranlée.

Dans l'intervalle, Stuart Mill avait publié son système de logique ; il y déclarait que le cours de philosophie positive plaçait « l'auteur dans la plus haute classe des penseurs européens- », il y parlait des « spéculations admirables » de Comte, de ses connaissances encyclopédiques, de son ouvrage « de beaucoup le plus grand de ceux qui ont été produits par la philosophie des sciences ».

Comte reçut sans protestations hypocrites ces éloges qu'il savait lui être dus, et se félicita simplement d'avoir obtenu du philosophe anglais « une aussi noble justice ». 11 était plus que jamais convaincu de l'importance de son rôle philosophique et social, et quand il se vit suspendu de ses fonctions, il n'hésita pas accepter, à solliciter môme de ses adhérents anglais les cinq mille francs qu'il venait de perdre. « Il n'est d'ailleurs pas inutile, disait-il, d'essayer aujourd'hui si la philosophie positive a acquis assez de crédit en Angleterre pour y pouvoir réaliser un emprunt de six mille francs ; car je suis bien disposé à n'avoir cette obligation qu'à de véritables adhérents, dont l'estime et la sympathie me soient déjà acquises ^ » Il ne voulait pas être aidé en tant que personne, mais comme fondateur du positivisme, et ce sentiment l'autorisait, croyait-il, à tendre aussi royalement la main.

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